« Je veux demeurer arbre
Branches, sous-bois, silence,
Autour de moi bâtir
La bergerie des plantes. »
Christine Guénanten
« Je veux demeurer arbre
Branches, sous-bois, silence,
Autour de moi bâtir
La bergerie des plantes. »
Christine Guénanten
« Si tous les oiseaux étaient pris aux pièges
et tous les poissons morts dans les filets,
si tous les arbres fondaient comme la neige
et s’éteignaient, l’été, les feux follets,
si toutes les mers désertaient les grèves…
si tu restais seul avec tes rêves
parmi l’effondrement universel,
trouverais-tu dans ton âme profonde
assez de joie pour recréer le monde? »
Auguste Marin
« Les coquelicots font
de tout l’air un talus léger
et de toute la légèreté
une terre de feu. »
Laurent Albarracin
« Être
A la longue
Une petite lampe,
Brûler la parole obscure,
Cueillir encore
De l’air dans la page,
Laisser une présence plonger
En elle-même
Et s’écrire,
Par accident
Tomber sur l’enfant de soi
Qui joue là dehors,
User le chemin,
Accepter le pouvoir de l’aube
Par les mille petits yeux
Du cœur,
Partir
Partir
Partir
Voyageur artériel. »
Cédric Migard
« Il faudrait être encore plus simple,
Si simple que l’on puisse entrer
Dans la simplicité du vent,
Du soleil poussiéreux
Du linge qui pantelle sur la corde sans se plaindre.
Il n’y a pas de désespoir dans le monde,
Ni d’espoir.
Il n’y a que la simplicité du vent,
Du soleil,
Du linge,
De la corde ;
Il n’y a que la simplicité de l’eau,
Ses vergetures d’accouchée ;
Il n’y a que l’eau,
Le caillou,
La simple nécessité de brûler et de mourir.
Il faudrait pouvoir entrer sans frémir
Dans les choses.
Pourquoi cette révulsion de notre cœur ?
Pourquoi cet éternel énervement de nos nervures ?
La pensée ne construit rien. Le sentiment nous épuise.
Nous serrons les dents et saignons
Sans accoucher.
Nous pianotons sur les choses
Comme une pluie dont chaque goutte
Aurait peur de se faire du mal.
Nous sommes les petits électrisés du monde.
Nous n’entrons pas. »
Jean Rousselot
« Au détour d’un poème en marche vers le rien
j’ai rencontré quelqu’un
qui dans l’ombre me parle en silence
et qui est mon chemin
connaissant tout de moi depuis bien avant ma naissance
au point que je défaille soudain
de surprise d’effroi et d’une étrange joie
devant cette existence immense qui me tutoie. »
Marc Alyn
« Tout fait retour
le coquillage
l’écho du ressac
le piano
et la chaise au milieu du jardin
qui mène à la splendeur des choses
Je ne range pas mes souvenirs
dans un coffret
je n’efface pas ce que j’écris. »
Pascal Boulanger
« Ces choses simples
Qui cherchent ton regard
Ce pain dans le silence
Cet arbre dans la lumière
Ce jour adossé au matin
C’est toi-même
Qu’elles révèlent. »
Jean Lavoué