Accordé

« Tu sens

Quand ce qui cherche à se dire

Est juste

Accordé

Le ciel a des couleurs

Qui ne trompent pas. »

Jean Lavoué

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Bruissant de la rumeur du jour

« Un seul poème

Tout bruissant

De la rumeur du jour

Suffit à faire tinter

Le ciel de ta joie. »

Jean Lavoué

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Le nomadisme est intérieur

« Aucun mur

N’arrête le souffle

Le nomadisme

Est intérieur. »

Jean Lavoué

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Aveugles

« Le problème, c’est que nous sommes tous aveugles, tous dépendants de représentations préconçues, de ce que nous pensons que nous allons voir. La plupart du temps, c’est comme ça. Nous ne faisons pas l’expérience du monde. Nous faisons l’expérience de ce que nous attendons du monde. »

Siri Hustvedt

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Le peseur de mots

« Mon maître est le peseur de mots,
Il me dit : rien ne vaut la page blanche. »

Liliane Wouters

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Un cadeau pour toi

« Dimanche soir, tandis que je photographiais ce bal errant des mouettes sur l’étang qui brûlait, un petit garçon s’est approché de moi. Il portait une coquille d’œuf brisée dans les mains. Tiens, me dit-il, avant de rejoindre ses parents en courant : c’est un cadeau pour toi! Dedans, il y avait un bébé oiseau… Il est parti… »

Jean Lavoué

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Ce souffle ne s’est pas arrêté

« Dans la cour

Par les champs

A travers les rues

Un vent s’est levé.

Tout le jour

Et même à la nuit tombée

Ce souffle ne s’est pas arrêté

Jusqu’à ce que nous redevenions

La possibilité d’un poème

Jusqu’à ce que nous rompions la frontière

Jusqu’à l’union

La vie creusée

Jusqu’au chemin-fleuve

Jusqu’au point de condensation

Jusqu’à ce que la parole engendre une issue

Un sourire dans la pierre

Une écoute de nos chantiers intérieurs

Un bruit d’ailes parmi les ruines…

Et chaque matin de plus

Chaque soir

Ce souffle ne s’est pas arrêté

Jusqu’à ce que le réveil surgisse

Comme une embuscade

Jusqu’à la consolation du silence

Jusqu’à l’accueil de l’impensé et de la louange

Jusqu’à ce que les ombres rejouent

Avec le chien, l’enfant et la saison

Jusqu’à ce que les mots répondent d’eux-mêmes

Et surtout des vivants

Jusqu’à ce que les routes se dessinent

Dans nos mains, en nos corps

Là où nous pourrions enfin exister et nous en aller…

Des années durant ce souffle ne s’est pas arrêté

Jusqu’à ce que l’aventure se transmette

De monde à monde

Par la goutte d’eau et le pain du jour

Le lichen, l’aboiement et la quatrième personne

Jusqu’à ce que la phrase revienne à sa portion congrue

A l’éclair simplifié

Jusqu’à ce que nous soyons complices

De la mouche, du pétale séché et de la poussière de craie

Précipités au fond du temps

Convoquant l’éternité sur un rebord de fenêtre…

Fidèle, obstiné, ce souffle ne s’est pas arrêté

Jusqu’à ce que notre regard exorcise

Ce réel possédé par un diable aveugle

Jusqu’à ce que la neige tombe, tournoie

A chercher la vie entre rien et tout

Jusqu’à ce qu’une branche

Suffise pour témoigner

Du bréviaire des oiseaux

Qu’un bâton d’écriture

Navigue dans la plus petite rigole de pluie

Avec le sentiment d’un chant lointain…

Non, ce souffle ne s’est pas arrêté. »

Cédric Migard

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J’écris dans l’ortie

« Il fait chaud à ne pouvoir dormir. Les matins commencent tôt et avec l’habitude… Je me suis levé avec le coq pour réveiller un liseron près du grillage puis j’ai marché pieds nus vers d’autres herbes.
Pas de jardin ici, rien d’entretenu, aucune fleur savante, domptée. Pourquoi faire ? L’ortie géologue est partout, ce qu’elle sait de la terre et des autres plantes : il suffit de lui demander. Mais demander provoque la morsure, qui fait rougir, qui brûle.
Le manœuvre ne sait désigner que la friche, c’est là qu’il travaille avec les éléphants, les pelleteuses – avec les mots d’une préhistoire. Qu’irait-il faire, pour l’instant, dans un jardin ?

J’écris dans l’ortie, pas dans la rose. Pas encore mais j’y viendrai. La prochaine étape si elle a lieu : c’est le tournesol. »

Thierry Metz

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