« Ces mots-là
sont le seul pain rompu
Le toi et moi, le lien
un instant confondus. »
Georges Haldas
« Ces mots-là
sont le seul pain rompu
Le toi et moi, le lien
un instant confondus. »
Georges Haldas
« Je récupère les images qui traînent, les mots usés, les papiers froissés, les bateaux de flaques de chemins. J’accompagne les oiseaux en promenade. Parfois, je m’appuie aux arbres. Alors le bruit s’éloigne, le mensonge s’éloigne, l’agitation s’éloigne. Les miroirs déformants, les gestes voleurs, les airs inspirés, les sentiments douteux, s’éloignent. Je trouve une joie, la glisse dans ma poche. Le ruisseau rince mes ombres. Je vais dans la pauvreté du jour. »
Ile Eniger
« Je reconnaissais combien tout à coup
C’était l’aube sous le langage. »
Bernard Vargaftig
« Désenterrer la parole perdue,
rêver vers l’intérieur vers l’extérieur,
déchiffrer le tatouage de la nuit et regarder midi dans les yeux,
lui arracher son masque,
se baigner dans le soleil et manger les fruits de la nuit,
épeler l’écriture de l’étoile et du fleuve,
écouter ce que disent le sang et la marée,
la terre et le corps,
revenir au point de départ. »
Octavio Paz
« Nous qui sommes deux à être seuls
tels les hémisphères d’un même fruit
dont chaque moitié recompose
à part soi l’unité entière.
C’est ensemble et distincts
que nous voyageons de concert,
nous accompagnant en tout, complices,
ayant chacun un abîme bleu dans l’âme.
L’aubaine n’est rien si on n’en prend conscience.
Au déclin de chaque jour, sous le ciel fourmillant d’étoiles,
il nous faut célébrer
le plaisir qu’il y a dans la vie même,
confondu au plaisir d’être ensemble,
la jouissance de soi, de l’autre,
de cet autre que nous sommes en même temps pour l’autre
et de ce nous qui est comme un kaléidoscope
réfléchissant à l’infini la lumière du dehors,
en des fragments mobiles de verres colorés,
des variations incessantes qui sont chaque fois
un achèvement alors que déjà s’amorce autre chose. »
Jean-Pierre Otte
« Reviendrons-nous sur les chemins
Vers l’étang creux
Où s’inventait le monde
Où la promesse est toujours neuve
Comme une crosse de fougère
Sous la paume d’un enfant ? »
Hélène Cadou
« Puisque tu es venue par le chemin jonché de fruits éclatés
Puisque ta main a saigné dans la mienne
Tu ne peux plus écorcher mon visage tu ne peux plus t’égarer dans le hasard des tarots
Les cailloux ont joué ma patience
Le grillon t’a confondue avec l’enfance
Tu es prisonnière de mon regard perdu
Viens nous n’allons rien capturer : l’amour ne se compte plus sur les doigts
Nous allons dormir l’un dans l’autre
En repoussant le poing des nuages jusqu’à l’aube de tous les jours
Viens marchons sur la route de pollen. »
Gaston Puel
« Toute littérature est assaut contre la frontière. »
Franz Kafka