Entre deux

« C’est samedi. Les mains ne font rien.
On entend les gosses qui jouent sur le sable et les voitures qui passent…
Dans la maison les chaises bavardent. On ne sait pas de quoi.
Ce qui est dit n’a pas d’importance.
C’est juste une parole qu’on égrène, un chuchotement…
Entre deux repas, deux vaisselles. »

Thierry Metz

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Les vrais poèmes

« Voir le ciel d’été est poésie
Bien qu’il ne soit point dans un livre.
Les vrais poèmes fuient. »

Emily Dickinson

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L’outre du soir

« Voici l’outre du soir

et son ragoût de rêves. »

Jean-Claude Tardif

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Ce que l’on peut trouver

« Tu sais toi, tout ce que l’on peut trouver

dans la chair des mots et celle de la mer.

L’éternité dans une étreinte. »

Patricia Ryckewaert

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Le fanal

« Ouvrant le barillet étanche des allumettes, Starbuck après de nombreux efforts infructueux parvint à allumer le fanal, l’amarra au manche d’une lance naufragée et le tendit… Et là il se trouvait assis, élevant cette chandelle imbécile au cœur de cet abandon infini. Et là il se trouvait assis, signe et symbole de l’homme sans foi élevant sans espoir l’espérance au sein de la désespérance. »

Herman Melville

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Plus lucide que nous

« Poème plus lucide que nous, il a changé la cible en seuil. »

Pierre Dhainaut

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Une barque

« Faire d’un mot une barque, c’est là tout mon travail. »

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L’écho d’un monde absent

« Les philologues n’ont pas encore découvert la métrique de l’Indien ; chaque poème correspond à une danse et incorpore des syllabes dépourvues de sens. Par son rythme différent, l’auditeur sait si une chanson est amoureuse, épique ou magique, bien qu’il ne comprenne pas la langue. Ses métaphores ne se justifient pas sur le plan logique, mais elles sont efficaces ; un chant invoque les renards argentés de la lune… Les Peaux-Rouges connaissaient des chansons curatives, des chansons pour obtenir l’amour ou la victoire. Ils composèrent des vers qu’un homme ne pouvait confier à un autre qu’à l’heure de la mort. Selon la phrase de Baudelaire, ces choses-ci sont comme l’écho d’un monde absent. »

Jorge Luis Borges

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