« Il ouvre la fenêtre.
Un instant après, il revient de plusieurs heures de vol.
Tel est le Temps pour lui.
Telle est sa vie. »
Henri Michaux
« Il ouvre la fenêtre.
Un instant après, il revient de plusieurs heures de vol.
Tel est le Temps pour lui.
Telle est sa vie. »
Henri Michaux
« J’écris pour tenir tête au silence établi,
pour rallumer des mots éteints par l’habitude
et les garder vivants face à cette hébétude
qui pétrifie le cœur et qui nous désunit.
J’écris pour mieux aimer, poème aux mains tendues,
et j’invite chacun au creux de sa mémoire
à raviver sa soif pour lui donner à boire
à la source ameutée des sensations perdues.
J’écris pour demeurer devant la porte ouverte
et renaître nomade en sachant discerner
en tout feu une escale, en tout lieu un sentier
et en chaque être ému une parole offerte. »
Michel Baglin
« Amour,
notre parole comme un soleil brûlant
dans un ciel de nuit.
Savoir ce qu’aimer veut dire
dans la lumière perpétuelle
du deuil de sa propre enfance. »
Amina Saïd
« Il cueillait d’étranges crépuscules
Pour parfumer un pain dans le four de l’hiver. »
Henri Falaise
« Voyageur immobile autour de l’écritoire…
Il va seul vers une improbable rencontre. »
Jean-Claude Xuereb
« Le réel total, le seul réel véritable,
n’est accessible qu’à l’intuition poétique
qui par une approche sans cesse renouvelée,
par des chemins si différents jette, dans ses meilleurs moments,
une lumière instantanée,
inexplicable sur ce qui n’a pas de visage. »
Lorand Gaspar
« Devant cet arbre
Devant cet arbre ou ce visage
Voici que je reviens devant cet arbre
Que je retourne encore à ce visage
Que je m’arrête aux clairs bourgeons de ces paupières
Que je m’attarde à comparer des yeux, des branches
Voici que de nouveau je suis devant le monde
Devant la porte ouverte et non devant moi-même
Devant le ciel bruissant d’étoiles
Devant la terre et le soleil qui me la donne
Devant cet homme allant sans me connaître
Devant cet autre aux mains tendues
Devant la femme étreinte et son sourire
Devant la foule et son accueil chantant
Voici que je reviens devant ces tas de pierres
Que je retourne encore à leurs baisers de mousse
Que je m’arrête au tremblement d’une aile
Que je m’attarde à cette écume, à ce nuage
Que de nouveau je suis devant les routes
Devant ce long sentier que je retrouve à l’aube
Devant ce dur chemin de nuit qui me ramène
Devant le feu qui me reçoit, devant ses flammes
Devant la chambre vide et le miroir fidèle
Devant les murs brûlés, la table et la fenêtre
Devant le livre ensommeillé la lampe éteinte
Et tout à coup devant cette heure absurde
Ce doute opaque et cette angoisse
Ce blême effroi de la rupture
Où je ne sais plus voir que l’invisible
Plus rien saisir qu’absence et fuite
Et m’abandonne à la stupeur engloutissante
Au noir béant qui m’engloutit
Je parle d’un sursaut dans la durée
D’un seul instant de mort dans le souci de vivre
Quand l’ordre naturel par qui je me situe
Se trouble et se refuse et se défait soudain
Et je reviens devant cet arbre
Ici devant cet arbre, ailleurs devant les pierres
Voici que je retourne encore à ces visages
Que je m’arrête à comparer mes certitudes
Que je m’attarde à rassembler les évidences
Que de nouveau je suis devant le monde
Devant la porte ouverte et non devant moi-même
Pour rebâtir l’espace en sa rigueur première
Et renouer le fil du temps cassé. »
Claude Sernet
« O fleur gourmande de lumière,
tu te tournes vers moi,
tu tètes où naît ma voix. »
Thierry Metz