« Il y a dans toute vie une somme de douleur, comme si chacun était le disparu de sa montagne, l’englouti de son âme. Écrire est déblayer, entrevoir une somme de joie sous la somme de douleur. »
Christian Bobin
« Il y a dans toute vie une somme de douleur, comme si chacun était le disparu de sa montagne, l’englouti de son âme. Écrire est déblayer, entrevoir une somme de joie sous la somme de douleur. »
Christian Bobin
« Le petit garçon est embrassé par sa mère
C’est sa première rencontre avec l’amour.
Il pleure, c’est sa première rencontre avec la vie.
Une feuille d’automne tombe d’un arbre et le frôle, toute coloriée.
C’est sa première rencontre avec la mort. »
Jean Rivet
« La poésie commence à partir du moment où les mots perdent leur fonction dénotative et deviennent soudainement disponibles les uns pour les autres. »
Paul Rompré
« La forme d’un poisson se pose
sur la branche la plus lointaine
et tremblante d’un reflet.
Passe l’ombre d’un homme
un instant retenue
par de vagues remous
d’écorces
de racines…
Et puis s’en vient l’apparence d’un chien
désœuvré cherchant dans son propre rêve
un coin de nuit pour dormir.
Alors l’oiseau
très haut dans le ciel
désert jusqu’à l’absence
étant seul à voir cela
se prend à douter de ses ailes
et tombe. »
Serge Wellens
« La poésie devrait nous permettre de pouvoir dépasser la surface des choses et de percevoir le réel dans sa dimension sauvage. »
Pierre Schroven
« L’hirondelle
Et la grenouille.
À toi de trouver pourquoi
Elles apparaissent en toi
Au même instant.
À toi de trouver
Ce qu’elles partagent
Dans ce réseau où tu patauges
Avec le ciel, avec la mare
Et cette espèce de lumière
Que tu aimes voir venir
Te rapprocher des choses. »
Eugène Guillevic
« Le sang coule solennellement en chaque chose.
Désormais tout est chemin.
Je jure de vivre. »
Miquel Martí i Pol
« Ah tenez, je vois que vous commencez à comprendre à quoi ça sert la poésie. Pas tout à fait à rien, n’est-ce pas ? Ça sert à voir plus loin, plus profond dans l’obscur. A marcher tête haute dans l’inconnu. A apprivoiser la nuit qui est en soi et quand on a apprivoisé la nuit, on n’a plus peur des faux monstres, ou du moins on sait en déjouer la menace ; ça sert à savoir que rien, être ou chose, n’a un sens définitif, que rien n’est simple et que cette complication est une chance. A savoir que ce qui est visible ne vaut que par l’invisible qu’il porte. Bref ça sert à grandir, à ne jamais cesser de grandir, d’agrandir sa compréhension du monde. »
Jean-Pierre Siméon