« A chaque éphémère entrevu,
les jardins s’agrandissent. »
Pierre Dhainaut
« A chaque éphémère entrevu,
les jardins s’agrandissent. »
Pierre Dhainaut
« Pour peu que nous soyons réceptifs, tout ici-bas nous interpelle, requiert l’attention de nos sens. Mais plus nous sentons, plus nous tentons de vivre notre appartenance, et plus s’insinue en nous l’impression d’être exilés, comme si le monde lui-même nous confiait qu’il n’est pas de ce monde. »
Philippe Mathy
« Nuit je m’éveillerai aurore,
jacassant sur la pierre.
Dans mon sang de feu vert,
on entendra peu à peu se taire
les voix herbeuses des morts.
Silence je me ferai parole,
essentielle comme l’outil.
J’aurai des amours de rossignol
et des gloires d’épi,
fanfares entre les épaules.
Je n’irai plus à l’ordure,
à l’eau pourrie, à la souche éteinte.
J’habiterai la rosée qui tinte,
l’enfant sur le chemin de l’école,
j’aurai plein les poches la monnaie d’azur.
Compagnon des vieilles planètes,
j’aurai aussi du temps
puisque les mots promettent
l’or et la durée, l’île et la fête
à celui qui naquit fragment,
murmure une voix secrète
entre deux rires brefs
derrière les rideaux du vent. »
André Laude
« Pour retenir le quotidien
Comme un fruit dans le compotier
il a en héritage
les gestes lents de la vie
qu’il enferme le soir
dans sa montre à gousset
et des mots aux parfums de draps mouillés
qu’il lustre comme des vêtements de travail,
par esprit de compagnonnage. »
Jean-Claude Tardif
« L’éternité suffit, rien n’est à déranger. »
Paul Mari
« Je dois dire que j’ai vécu dans une maison du silence. On parlait très peu. J’étais fasciné par les quelques mots qui circulaient. Et le choc, oui, ça a été un instituteur merveilleux, qui recopiait des poèmes entre midi et deux, avec une superbe écriture, comme autrefois les instits. Et une fois – j’avais huit ans –, j’ai vu Les Effarés. Je me suis dit que ça m’était adressé et je me suis mis à pleurer. Il est venu me voir pour me demander ce que j’avais et je lui ai répondu : Merci pour les mots. Et j’ai découvert que toute la vie était dans les mots, qu’il fallait les aimer et les rechercher partout où ils étaient. »
Tristan Cabral (entretien)
« C’était un soir d’été
Comme une naissance sur le chemin ensommeillé de rêves.
Assis au jardin, les mains aux herbes, au pouls,
Nous regardions comme souvent des choses simples :
Un peu de vent sur le sommet de la haie
Et le pommier qui perd quelques-unes de ses dents rondes et vertes,
De ces petites pommes de lait que tu attrapes et que tu croques comme une lionne,
Toi qui as le vrai savoir-vivre des enfants.
C’était un soir d’été
Comme un cadeau sur le chemin ensommeillé de rêves.
La joie que tu donnais à la lune se levant en notre nuit intérieure,
Je la comprenais dans sa plénitude, elle te venait d’un temps d’avant la parole.
C’était un soir d’été
Comme une légende sur le chemin ensommeillé de rêves.
Nous avions fait des provisions très légères,
Que notre petit navire de souffles et de caresses s’enfonce juste ce qu’il faut
Pour traverser cette vie aimée. »
Cédric Migard
« Toujours seul avec toi dans la chambre de veille…
Je soulève les branches,
Tous les oiseaux descendent sur la page blanche.
Encore une forêt,
Une lampe qui passe et secoue son duvet.
Tu nous feras connaître ;
Il suffit d’allumer le ciel sous la fenêtre,
Une prunelle au bord du toit
Pour les fleurs, les enfants,
Et les mains qui ont froid. »
René Guy Cadou