Le chemin qui dure toujours

« Ce n’est pas l’ombre que je cherche

Ni l’humble signe

De la halte sous les palmiers tranquilles

Ni l’eau ni l’ange

Gardien d’oasis

Je cherche le chemin qui dure

Toujours toujours toujours. »

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L’infime est plus sûr

« L’infime est plus sûr que le reste.

Aucune nuit n’est exclue dans l’écriture du poème,

et le monde jamais dessaisi de son énigme et de sa transparence. »

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La poésie seule existe

« Personne n’est poète. Personne n’est là pour donner des poèmes comme l’enfant donne son sourire ou comme l’arbre donne ses fruits. Personne n’est poète parce que ce serait là sa nature – son infirmité ou sa grâce. La poésie seule existe. Elle existe comme les champs, comme la neige, comme les saisons. Mais personne ne fait de la poésie, pas plus que personne ne vous offre les giboulées de mars ou les neiges de décembre. La poésie c’est la vie limpide quand elle entre en nous pour prendre connaissance d’elle-même, d’une connaissance aérienne, subtile, semblable à celle que la mère a de l’enfant, ou l’amant de l’aimée : un sourire plus qu’un savoir. Un silence plus qu’une parole. La poésie n’est rien que la fragilité de cet état de conscience, l’éveil en nous de la pureté qui est bien plus que nous. Elle ne vient pas de l’élégance d’une écriture, mais de la transparence d’une vie. »

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Je rêve d’un jardin

« Je rêve d’un jardin : pauvre, à peine entretenu, pas grand, cerné de murs, dans une rue qui monte. On y accède par cinq petites marches. On pousse une porte que j’ai bricolée avec du grillage, des bouts de bois, un restant de peinture bleue. Il y a une lanterne noire accrochée à une perche. L’été, j’allume une bougie pour les papillons. Contre le mur, au fond, à droite, j’ai construit une tonnelle avec des chevrons et des planches. Le toit est goudronné mais il faudra que je mette des tuiles quand j’en trouverai. Dedans, j’ai placé une table ovale et des chaises un peu tordues, un meuble bas récupéré dans une décharge, un vase blanc à long col et d’autres récipients en argile ou en verre. Au mur, contre la pierre, comme un tableau, j’ai fixé une fenêtre, une vraie fenêtre pour voir ce qu’on veut, pour désigner, peut-être, une sorte d’inaccessible, une autre parole, une autre image, la trace inventée d’un mot absent, quelque chose au-dedans d’éclairé qui se sépare de nous momentanément. La fenêtre des morts. Mon jardin est une dissonance faite d’objets et de plantes, de choses dénichées ici et partout, reprises, recomposées, sauvées de l’incertitude et de la fatigue où sont les gens. Ainsi, par quelques trouvailles ordinaires, on retrouve les accords élémentaires du monde et du ciel. On y voit tout le reste. »

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Dis-moi

« Dis-moi…
combien de fois l’on part vraiment dans une vie
à la rencontre de l’inconnu,

quand le temps
passe sous le soleil sans crier gare,
aussi invisible que le fleuve de nos désirs,

quand la lumière nous réchauffe
comme le sourire d’un enfant,
et s’en va en s’inclinant
pour pénétrer l’épaisseur de nos pas,

comme si nous nous laissions
traverser par l’infini. »

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Le temps qui m’est donné

« Je ne ferai jamais que quelques pas sur cette terre

Et dans cette grande journée

Je ne passerai pas pour un vieil abonné

Si les miracles font qu’une image demeure

La mienne tremblera dans les vitres gelées

Comme le chant lointain d’un enfant colporteur

Le temps qui m’est donné que l’amour le prolonge

Et dans ma solitude un instant habitée

J’accrocherai des panoplies de bout du monde

De grands pays couverts

D’oiseaux effarouchés. »

René Guy Cadou

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Avec le jour naissant

« Avec le jour naissant, ils montent, vos poèmes. »

Gaston Bachelard

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Les yeux de l’invisible

« Si tu ouvrais enfin les yeux de l’invisible
Les atomes de l’univers te diraient leurs secrets

Mais si l’œil que tu ouvres est l’œil de la raison
Tu ne pourras jamais voir l’amour tel qu’il est

Seule une âme éprouvée peut éprouver l’amour
Seul qui s’est libéré peut entrer dans l’amour…

Dans ce chemin il faut un cœur mille fois vivant
Qui puisse à chaque instant faire don de cent vies ! »

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