« Moi, la chèvre, je suis le surplus du troupeau…
Je n’aime pas brouter l’herbe déjà tondue
Ce petit foin sans goût, sans fleur inattendue. »
Marie Noël
« Moi, la chèvre, je suis le surplus du troupeau…
Je n’aime pas brouter l’herbe déjà tondue
Ce petit foin sans goût, sans fleur inattendue. »
Marie Noël
« L’heure viendra… l’heure vient… elle est venue
Où je serai l’étrangère en ma maison,
Où j’aurai sous le front une ombre inconnue
Qui cache ma raison aux autres raisons.
Ils diront que j’ai perdu ma lumière
Parce que je vois ce que nul œil n’atteint :
La lueur d’avant mon aube la première
Et d’après mon soir le dernier qui s’éteint.
Ils diront que j’ai perdu ma présence
Parce qu’attentive aux présages épars
Qui m’appellent de derrière ma naissance,
J’entends s’ouvrir les demeures d’autre part.
Ils diront que ma bouche devient folle
Et que les mots n’y savent plus ce qu’ils font
Parce qu’au bord du jour pâle, mes paroles
Sortent d’un silence insolite et profond.
Ils diront que je retombe au bas âge
Qui n’a pas encore appris la vérité
Des ans clairs et leur sagesse de passage,
Parce que je retourne à l’éternité. »
Marie Noël
« Donner forme à ce que je veux ne pas perdre, c’est mieux me comprendre, c’est dégager le sens de ce qui m’échoit.
Et au terme de la moisson engrangée, c’est offrir les mots rassemblés à cet autre qui se cherche. En espérant le rejoindre dans sa solitude et lui être ce compagnon qui chemine à ses côtés. »
Charles Juliet
« Une respiration fragile
me conduit au-devant de moi
et au tout dedans de moi. »
Marie-Josée Christien
« L’entrée des champs bressans avec leur plaie inguérissable m’apprenait à devenir ce que je voyais, me préparait à l’écriture. »
Christian Bobin
« La poésie est fondée sur la répétition, c’est-à-dire qu’elle est la langue de l’enfance. »
Claude Adelen
« Tu dis sable
Et déjà
La mer est à tes pieds.
Tu dis forêt
Et déjà
Les arbres te tendent leurs bras.
Tu dis colline
Et déjà
Le sentier court avec toi vers le sommet.
Tu dis nuage
Et déjà
Un cumulus t’offre la promesse du voyage.
Tu dis poème
Et déjà
Les mots volent et dansent comme étincelles dans la cheminée. »
Joseph Schneider
« Je crois à la force du silence, à sa nécessité, non pas le silence qui cache, celui qui recouvre, celui par lequel on renonce à s’exposer, mais celui qui porte notre parole la plus intime, comme l’air porte les sons. »
Arnaud Rykner