« C’est l’autre que l’on chante,
toujours.
L’autre,
l’ailleurs,
l’ailleurs du monde ou celui d’en soi. »
Paul Dirmeikis
« C’est l’autre que l’on chante,
toujours.
L’autre,
l’ailleurs,
l’ailleurs du monde ou celui d’en soi. »
Paul Dirmeikis
« Dans le visage de la pluie,
dans les confidences du vent,
dans le gris des nuages
qui s’accrochent à nos fenêtres,
quelque chose demeure caché.
Peut-être une parole,
un souffle ignoré…
Jour gris
où passe un ange
impossible à retenir. »
Philippe Mathy
« Sur les fils télégraphiques
très près de la crête du mur
où le chat faisait semblant
de dormir rêvant d’hirondelles
les hirondelles se rassemblaient pour le départ
C’était un chat noir
d’un noir absolu
sur un mur tout blanc
d’un blanc sans nuances
d’un blanc si blanc qu’il en devenait bleu
Le vent faisait chanter
les fils du téléphone
Des paroles endeuillées
y prenaient en marche
des discours amoureux
Rien d’autre n’avait lieu
j’écoutais des images. »
Serge Wellens
« Aujourd’hui je n’ai rien fait.
Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.
Des oiseaux qui n’existent pas
ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leurs corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré leur silence.
Ne rien faire
sauve parfois l’équilibre du monde,
en obtenant que quelque chose aussi pèse
sur le plateau vide de la balance. »
Roberto Juarroz
« Prendre sa main pour oreiller.
Le ciel le fait avec ses nuages,
La terre avec ses mottes,
Et l’arbre qui tombe
Avec son propre feuillage.
Ainsi seulement peut s’écouter
La chanson sans distance,
Celle qui n’entre pas dans l’oreille,
Parce qu’elle est dans l’oreille,
La seule qui ne se répète pas.
Tout homme a besoin
D’une chanson intraduisible. »
Roberto Juarroz
« On n’écrirait rien si on ne procédait pas à une lecture continue du monde – lecture qui brasse les cinq sens, qui scrute le banal autant que l’exceptionnel, observe pareillement le beau et le laid, le bon et le mauvais, se penche sur l’énigme du bien autant que sur celle du mal ; lecture plurielle, zigzagante, radicante et proliférante. Lecture vivace… »
Sylvie Germain
« Toucher et toucher encore
Mais que ma main jamais ne pèse,
Terre lentement travaillée par l’entre-saison,
Gardienne de troupeau
Bordant la caravane des nuages sur la colline.
Je voudrais seulement cela,
Que l’aube d’une faible lampe
Éclaire toute la nuit de mes yeux,
Les blessures d’ombre
De cet arbre qui pourrait être un ami.
Je voudrais seulement cela,
Un langage pour ne pas mentir
Quand viendra le temps de la rencontre. »
Cédric Migard
« M’efforçant de trouver un langage exprimant, dans une époque d’anéantissement, le point où subsisterait encore un espoir de continuité, ce point secret que nulle éventualité ne peut atteindre. »
Marcel Béalu