D’une rive à l’autre

« Aucune phrase ne finit. Arrivée au regard final, elle garde les yeux ouverts. L’enfance qu’on abandonne ne meurt jamais vraiment. Il suffit d’un rien pour éveiller son âme. Les baisers entrevus rendent la terre habitable. Quelques secondes suffisent pour nourrir une semaine, deux notes de piano, un brin d’herbe qui prie, un ruisseau qui s’arrête et regarde le ciel. Quand j’ai faim, j’ouvre un livre, je regarde dehors, j’écoute de la musique ou j’écris le mot pain. Pour allumer un feu sans allumettes, je frotte l’âme sur la chair comme deux pierres qu’on cogne. Des étincelles de mots enflamment la parole. Le vent ne parle pas de lui. Il chante pour chacun. Le pouls du monde s’agite sous la peau du possible. »

Jean-Marc La Frenière

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