Il était la voix

« Il disait

Qu’il avait besoin

D’une présence

Plus silencieuse qu’une lampe

Qu’il attendait debout

Dans la prairie des larmes

Vêtu de la dépouille d’un chêne

Car il était l’envoyé des rois

 

Il disait

Que rien n’était digne

Qu’il lui fallait entrer

Dans la démence

Qu’à la fin

Il ne pouvait être

Le regard

Le temps du silence

Qu’il lui fallait

La main de l’aube

Contre le front glacé des vitres

Pour que se fanent les adieux.

 

Il n’avait qu’à toucher de la main

Toucher de sa main de printemps

Les paupières fragiles des sources

Pour que s’ouvre

La terre promise des cils

Où l’ombre est bleue

 

Sur la terre

On se serait couché,

Avec ses mains

Sur sa bouche

On se serait couché

 

Il était

La voix qui parlait des fontaines

Du rendez-vous manqué

Avec la nappe blanche

 

Il était le temps d’avoir quinze ans

De se perdre

Quand éclaterait le pas de l’Intendant. »

Claude de Burine

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