Un langage substantiel

« Fleuve de notre substance
S’écoulant
Avec le reste. Fleuve de la substance
De la courbe terrestre, fleuve de la substance
Du lever du soleil, fleuve de limon, d’érosion, s’écoulant
Vers une inimaginable mer. Mais l’esprit se lève

Dans le bonheur, se lève

Au milieu de ce qui est. Je ne connais pas d’autre bonheur
Ni n’en ai été le témoin… Les îles
Vers le nord

Dans le brouillard polaire
Et la mer peu profonde –
Rien d’autre

Sinon la sensation
De l’endroit où nous sommes

Nous qui sommes le plus au nord. La merveille de la vague
Même ici c’est l’écho de son bouillonnement
Dans le monde ; je songeais que même s’il n’y avait rien

La possibilité d’être existerait ;
Je songeais que j’avais rencontré

La permanence ; la pensée nous assaillait dans cette mer
Car nous y respirons l’évident
Miracle du lieu

Et parlons
Si nous devons sauver
L’amour au monde d’en haut,

Éclairé par la glace, un langage substantiel
De clarté, et de respect. »

George Oppen

Cet article a été publié dans Poésie, Théorie. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s