Viens, nuit silencieuse

« Viens, nuit silencieuse…
Viens envelopper dans le blanc manteau de la nuit
Mon cœur.
Paisiblement, comme une brise dans la légèreté du soir,
Tranquillement, d’un geste caressant de mère,
Avec au creux des paumes la lueur des étoiles…
Tous les sons sonnent autrement
Lorsque tu viens.
Dès que tu entres on baisse la voix,
Nul ne te vois entrer.
Nul n’a su quand tu entrais,
Si ce n’est en voyant que soudain tout se recueille,
Perd ses contours et ses couleurs,
Et qu’au plus haut du ciel, d’un bleu très-pur encore,
Croissant finement découpé déjà, disque blanc ou lueur vague qui monte,
La lune devient réalité. »

Fernando Pessoa

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