Plusieurs façons de chanter

« De bouts de laine en bouts de lin, je rempaille les phrases… Dans ce pays d’épines et d’aubépines, les sources font des trous dans la glace pour trouver un peu d’eau…

Chaque fleur attend son fruit. Chaque arbre perd ses feuilles. Je ne suis ni l’un ni l’autre. Je ne suis qu’un homme. Le temps de la nappe et de la soupe, le temps du pain et de la farine, le temps de l’orme et de l’érable, le temps du bois et de la table, le temps de la chaleur et du feu…

Je ne porte pas les mots comme on porte un fusil mais un panier de fraises. Il y a plusieurs façons de chanter, de faire des dessins, d’écrire. Il y a plusieurs façons d’aimer, souvent mal, souvent bien…

J’écris comme cet oisillon tombé du nid, ce champignon qui perd son chapeau, cette louve sans ses loups, cet homme qui perd la tête. La vie est comme la neige en hiver, la plante après la graine, le fruit après la fleur. Elle est aussi la corde d’un pendu, le dessin d’un enfant, un vieillard nourrissant les pigeons, sa femme encore vivante qui parle avec ses fleurs, les vagues sur la mer, l’espoir d’un bateau juste avant son naufrage. »

Jean-Marc La Frenière

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