Au peigne du vent

« Je ne savais pas ce que pouvait bien être un glaneur de rêves, mais ce mot avait une certaine noblesse et ce travail me semblait tout indiqué pour moi. Alors j’ai continué de monter la garde. Par tous les temps… Puis, je tirais de nouveau le tissu sur ma fenêtre et je m’allongeais sur mon lit, incapable de dormir ; je m’amusais à donner des noms aux glaneurs et à dessiner, avec le faisceau de ma lampe de poche, leurs capes et leurs bottes et les nuages où ils vivaient. Et l’image des glaneurs de ce champ endormi me plongeait à mon tour dans le sommeil. Et je me promenais parmi eux, dans les chardons et les épines ; ma tâche n’avait rien d’exceptionnel : arracher une pensée fugace, telle une touffe de laine, au peigne du vent. »

Patti Smith

Cet article a été publié dans Citations, Extraits, Théorie. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s