Sentier banal

« Ce sentier banal où mille fois tu es passé

Le réapprendre par cœur

Et même s’il est tout près de la maison

Y aller comme si tu entreprenais un très long voyage

Y voir à nouveau dans l’herbe aplatie les deux vieux îlots de terre

Ces deux petits chauves qui t’ont tant fait trébucher et avec lesquels ton œil a conversé

Plus que de raison

Les voir encore oui, mais cette fois enfin pour ce qu’ils étaient depuis la première aube – deux continents qui imperceptiblement se rejoignaient – et tout l’océan d’absence devenir ruisselet chargé d’empreintes

Parallèlement quelques mots très fatigués par leur usage courant

Cesseraient soudain leurs affaires respectives pour prendre le temps sous ton silence de se donner des nouvelles

Tandis que toi, en étrange étranger, tu écouterais,

Témoin de la naissance d’une phrase remplie d’espoir et de destin. »

Cédric Migard

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