Un peu moins étranger au monde

« Ne serait-il pas plus sage de tailler, de traiter ces arbres, avant que de les décrire ? Mais l’un et l’autre sont nécessaires. Autrefois les hommes pensaient que prononcer le vrai nom d’un dieu, c’était s’assurer tout pouvoir sur lui: aussi les prêtres avaient-ils soin de le garder pour eux. Il y avait une vérité profonde dans cette croyance. Celui qui saisit un paysage, un moment, une lumière, avec les mots convenables, les guérit au moins provisoirement de cette maladie qu’ont toutes choses de se dissoudre, de disparaître, de nous échapper… Ainsi l’homme croit-il, et sans se tromper complètement peut-être, qu’il est un peu moins étranger au monde, un peu moins impuissant devant les ruses brillantes du temps. »

Philippe Jaccottet

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