Sauf

« Parce que c’est entre les hommes
Parce que c’est une question de fleurs rouges
Entre eux depuis des siècles
Parce que la vie est belle et désirable
Comme un puits dans le ciel
Parce que malgré tout ce cheval
Est fou d’amour pour une étoile
Parce qu’il y a une réponse merveilleuse
A la mort qui se traduit par cette épaule
Tendrement inclinée vers la mer
Parce que nul ne peut chasser
La main qui vole et le moineau
Fabuliste de ma mémoire
Parce qu’il reste du cidre à boire
Dans les auberges de campagne
Parce que tu ne peux t’éloigner
Un seul instant sans que je sache
Que l’équilibre du monde est changé
Parce que le ciel qui se rapproche
Ne m’empêche pas de grandir
Parce qu’il importe d’aimer
Toute chose à ta ressemblance
Je ne m’inquiète pas du jour qui va finir
Ni de ces fleuves dépassés par l’aventure
Non plus de cet enfant vaincu qui s’achemine
A la renverse dans les blés
Je suis certain d’avoir tout fait
Pour être sauf. »

René Guy Cadou

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