Ce quelque chose élémentaire

« Ils courent partout, s’agitent, s’inventent des raisons. Moi je n’ai plus la force. Et surtout plus l’envie. J’ai le rien du moment, son éclatante totalité. Sa blessure, sa lumière. Parfaites. L’instant fugitif, perpétuel. La mésange de passage. La sauterelle qui loge sur un coin du balcon. Au loin, l’écharpe neigeuse des montagnes. Le brin d’herbe à l’angle de l’immeuble. Un ballon rouge oublié. Du linge qui sèche. La voix d’un enfant qui apprend sa leçon. Ces mots, réfugiés dans mes mains. Aucune réflexion, inflexion, n’atteindront cette absoluité inégalable. Ce quelque chose élémentaire qui ne tremble ni espère. Qui est. »

Ile Eniger

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