Le quotidien est l’abondance

« C’est à ça qu’il devrait servir, l’art, sinon c’est inutile, du temps gâché : ouvrir notre regard sur ce qui est, sans exclusive. Fleurir notre sang. Les peintres passent des heures, passent des siècles à dessiner deux roses dans un vase, un fruit taché sur une nappe. Ils se mettent au service du plus humble, du rien des choses, de la rougeur d’une étoffe, du tremblé d’un visage. Quand on a bien appris la leçon des peintres – mais je pourrais dire la même chose des écrivains ou des musiciens – on peut aller partout trouver sa nourriture. On voit qu’il n’y a pas l’abondance d’un côté et la pauvreté de l’autre. Pas l’art, la noblesse, la grandeur d’un côté, et l’insignifiance, le trivial, le quotidien de l’autre. On voit que le quotidien est l’abondance. »

Christian Bobin (en entretien avec Nelly Bouveret)

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