La vie terrestre

« J’eus… vers ma quarantième année, un accès horrible de manque de confiance en moi : ma vie s’était fendue d’outre en outre, je ne reposais sur rien. (Il est grand temps)

Il se fit en moi comme une rupture de l’évidence qu’est le fait d’être, et je vécus cette angoisse de choir, de déchoir… et dans laquelle on se découvre à soi-même que l’on ne se suffit pas, que brusquement on n’est plus sûr de soi, en sécurité en soi, mais au contraire menacé de partout et d’abord du dedans par son propre non-être. Et l’on se cherche désespérément un recours… Et il arrive, dans cette abjection, par sa vertu dirais-je presque, de faire l’expérience non pas qu’un être quelconque peut sauver, mais que, quoi qu’il advienne, l’Être a déjà sauvé ; que ce qui sauve est l’identité absolue de l’Être, ce Je suis celui qui suis par quoi aucun être hormis l’Être ne peut se définir. »

Pierre Emmanuel

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