Mon enfance et son parfum

« Je ne sais de l’enfance
qu’une peur lumineuse
et une main qui m’entraîne
vers mon autre rive

Mon enfance et son parfum
d’oiseau caressé. »

Alejandra Pizarnik

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Bornes enfouies

« Nous voici seuls devant le paysage nu
c’est l’aube ou c’est le soir où sont les repères

avons-nous jamais appris à vivre sur terre
nous sommes là comme des bornes enfouies

profondément depuis des millénaires
et que la terre en silence déplace. »

Jean-Claude Pirotte

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Le rêve de l’être

« Le rêve de l’être flottait librement sur la matière… »

Robert Musil

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Un peu nous

« N’avons-nous pas trop vite oublié
Que ces pierres parlaient comme nous parlons aujourd’hui ?

Qu’elles avaient un passé comme un lendemain,
Et aussi une âme comme la nôtre,

Qu’elles étaient tout simplement
Un peu de nous, un peu nous ?

Pourquoi l’homme a-t-il oublié
Toutes ces choses simples de la vie ? »

Yves Namur

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Sol d’où monte la poussée

« Au détour d’une route de papier blanc

Le monde n’est pas la référence

Mais le sol d’où monte la poussée. »

Bernard Noël

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Comment parler… ?

« Dis-moi,
Comment parler de la tristesse d’un figuier ?

Comment en parler avec justesse,
Sans jamais éveiller le moindre des soupçons
Ou le moindre regret,

Sans réveiller l’oiseau
Ou le fruit qui mûrit encore au-dedans ?

Comment en parler
Et que les choses ainsi dites soient exactement
Ce qu’elles sont dans la réalité ?

Ne serait-il pas plus sage que le poète se taise
Et qu’il s’asseye dans l’ombre de l’arbre,

Ou mieux encore,
Dans l’ombre de sa propre ombre ? »

Yves Namur

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Frôlements de la vie

« Dans nos mémoires sensitives comme dans nos relations, la vie est faite de petites choses apparemment négligeables. Notre raison les méprise, c’est pourtant par elles que se transmet le plus important.

Sois attentif aux frôlements de la vie. »

Henri Gougaud

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Où que tu ailles

« Où que tu ailles
– l’humus, le sable –
prends modèle sur les ondes, allège-toi.

Ne sois que souffles
et vois : une glycine
a débordé le mur.

Ne coupe aucune fleur,
tu t’élargis dans l’air des cimes. »

Pierre Dhainaut

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