« Avant toute autre mémoire, l’écriture se destine comme d’elle-même à l’anamnèse. »
Jacques Derrida
« Avant toute autre mémoire, l’écriture se destine comme d’elle-même à l’anamnèse. »
Jacques Derrida
« J’ai maintenu ma vie
en chuchotant dans l’infini silence. »
Georges Séféris
« Ouvrir un livre de poésie, c’est vouloir s’éclairer avec une bougie en pleine déflagration de la bombe à hydrogène. Parier pour la bougie en ce cas est tout à fait insensé et, cependant, c’est peut-être dans ce genre de pari que réside notre avenir. »
Philippe Jaccottet
« Un mot m’accoste et je le laisse m’accoster…
Je connais le fond à présent, tout le contraire de perdue…
J’accoste encore un mot et un autre pays,
J’accoste, si peu que ce soit, à tout de plus en plus. »
Ingeborg Bachmann
« Un silence s’est étendu, doux comme forêts ensoleillées d’hiver…
Mon pied est devenu si prudent et ne trébuchera plus…
Ma main est devenue si attentive et ne tremblera plus…
J’ai été emportée par la force de la fragilité des choses. »
Karin Boye
« Sera comblé
celui pour qui l’espace
ne sera pas dehors. »
Eugène Guillevic
« Ce qu’il faut de nuit
Au-dessus des arbres,
Ce qu’il faut de fruits
Aux tables de marbre,
Ce qu’il faut d’obscur
Pour que le sang batte,
Ce qu’il faut de pur
Au cœur écarlate,
Ce qu’il faut de jour
Sur la page blanche. »
Jules Supervielle
« Quand il écrivait, il se sentait une sorte de particularité, d’exclusivité ; quelque chose montait en lui, une île pleine de couleurs, de merveilleux soleils, du fond de l’océan qui l’entourait, jour après jour, de sa froideur, de son insensibilité, de sa grisaille. Quand soudain il pensait qu’il allait écrire le soir venu, c’était pour lui comme s’il portait au bout d’une chaîne invisible une clef d’or grâce à laquelle, quand personne ne ferait plus attention, il pourrait ouvrir le portail de fabuleux jardins. »
Robert Musil