« Les mots n’existent que pour être inventés,
rejoués dans la singularité d’une expérience
qui trace son chemin le long de la voie commune. »
Jean Sulivan
« Les mots n’existent que pour être inventés,
rejoués dans la singularité d’une expérience
qui trace son chemin le long de la voie commune. »
Jean Sulivan
« Ta parole en se découvrant illumine. »
Psaume
« Extraire :
injonction futile et permanente
mais structurante.
Je suis celle qui s’extrait de mon jour
et de sa nuit. »
Sanda Voïca
« Rien de plus bouleversant que la vision de petites pantoufles d’enfant dans une chambre, un jour d’école : toute absence même légère parle de la mort. »
Christian Bobin
« Vous voyez : là où il ne se passe rien, il y a toujours tout. »
Christian Bobin
« Il m’arrive d’être obligé d’attendre un mois pour qu’un système d’images que je sens, me vienne… Il faut attendre, il faut se battre, il faut bafouiller, il faut gratter, il faut recommencer plus de quarante fois… Je tape à la machine savez-vous, alors je tape trois vers, ça ne va pas, j’enlève le papier, je recommence, ça ne va pas, et il m’arrive parfois, comme ça, pour trois ou quatre vers, je regrette de le dire, mais enfin c’est comme ça, c’est un vrai gaspillage, de taper trente, quarante fois les mêmes choses ! Parce qu’en tapant trente, quarante fois les mêmes choses, il se fait comme une espèce d’obsession, de martèlement, le rythme vous entre dans la peau ; et alors brusquement, eh bien brusquement, vous trouvez… Il faut accepter d’être en relation avec un secret qui se dit à travers vous… Je suis persuadé que nous ne sommes que les mediums d’une réalité qui a besoin de nous pour se dire. »
Pierre Emmanuel (entretien)
« Je n’ai plus d’apparence limitée,
Toutes mes formes sont entremêlées.
Mes libertés de plante vont grandissantes,
J’ai tenu toutes mes promesses dans le vert. »
Armand Robin
« Les poèmes sont des mains tremblantes issues de l’eau…
Ils sont pleins d’air bleu
ils martyrisent ceux qui les utilisent
car ils s’insinuent dans la tourbe des âmes
et y perdurent
Les poèmes raclent un sol rouillé
ils illuminent et soulèvent la plante des pieds
ils ont une parenté profonde avec le gerbier des âmes
les sources les étiers
les belles notes noires
des instruments désaccordés. »
Odile Caradec