Contraire d’une ignorance

« J’ai été préservé, tout ce temps, toute l’enfance et plus loin. Oui j’ai été préservé. Je n’ai pas été préservé de la vie mais de cette vie qui n’est pas la vie où déjà les enfants se vautrent, où presque tous se complaisent et s’ennuient. De cela j’ai été préservé, de ce dégoût actif, de ce sérieux dérisoire.

De cette vie là, dont j’ai été préservé – par personne, par un état, un accord secret des lumières et du temps dans le cœur – de cette vie là, je ne sais rien et, c’est le contraire d’une ignorance. »

Christian Bobin

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Échos des discours véridiques

« Les mots ne veulent pas détruire ce qu’il y a devant nos yeux. Ils répondent aux autres mots, aux vrais mots originels, qui sont dits par la voix du monde. Souvent on parle d’histoire, de mythe, de théâtre. Bien sûr… Mais chaque instant de la vie réelle est plus grand, plus émouvant, plus plein de langage, comme si ces mots et ces images n’étaient que les échos des discours véridiques émis par les montagnes, les fleuves, les forêts, les vents, les orages. »

Jean-Marie Gustave Le Clézio

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La vie concrète

« Réussir sa vie.

Quelle prétention illusoire.

Plutôt être présent à soi.

Vivre non pour soi, mais par soi.

Organiser son existence dès que possible,

en fonction de la présence aux instants

c’est-à-dire de la vie intérieure.


La vie intérieure n’a rien à voir avec l’idéalisme.

Il s’agit de la vie concrète

proche de la sensation

qui perçoit l’invisible dans le sensible. »

Jean Sulivan

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Le quotidien est l’abondance

« C’est à ça qu’il devrait servir, l’art, sinon c’est inutile, du temps gâché : ouvrir notre regard sur ce qui est, sans exclusive. Fleurir notre sang. Les peintres passent des heures, passent des siècles à dessiner deux roses dans un vase, un fruit taché sur une nappe. Ils se mettent au service du plus humble, du rien des choses, de la rougeur d’une étoffe, du tremblé d’un visage. Quand on a bien appris la leçon des peintres – mais je pourrais dire la même chose des écrivains ou des musiciens – on peut aller partout trouver sa nourriture. On voit qu’il n’y a pas l’abondance d’un côté et la pauvreté de l’autre. Pas l’art, la noblesse, la grandeur d’un côté, et l’insignifiance, le trivial, le quotidien de l’autre. On voit que le quotidien est l’abondance. »

Christian Bobin (en entretien avec Nelly Bouveret)

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A l’enterrement d’un oiseau

« A l’enterrement d’un oiseau, il n’y a que des saints de quatre ans. »

Christian Bobin

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D’où s’élèvent les échelles

« Maintenant que mon échelle me fait défaut,

Je dois me coucher par terre, là d’où s’élèvent les échelles :

Dans l’énigmatique chiffonnerie du cœur. »

William Butler Yeats

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La joie et la porte

« Et si on ouvrait un livre avec l’espoir non conscient de mourir de joie ? C’est ainsi que j’étais à sept ans. Et si on ne regardait un tableau que dans l’attente de voir une porte s’ouvrir en nous, sur nous ? »

Christian Bobin

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Une connaissance occulte

« La connaissance de la réalité

est toujours dans une certaine mesure une connaissance occulte.

C’est une sorte de mort. »

William Butler Yeats

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