« Les chercheurs de solide sont des possédants. Les chercheurs de fluide sont des poètes. »
Salah Stétié
« Les chercheurs de solide sont des possédants. Les chercheurs de fluide sont des poètes. »
Salah Stétié
« Jadis quand les oiseaux chantaient
dans ton grenier de lumière
tu apprenais les mots qu’il ne fallait point dire. »
Anthony Phelps
« La poésie qui magnifie
détruit son foyer
à mesure que s’élève son objet…
Très bonne nuit touchée
d’une force assistante. »
René Char
« Les mots ne sont pas des choses, des objets que l’on puisse délimiter : ce sont des espaces ouverts, des puits sans fond qui communiquent entre eux et nous emportent bien souvent au-delà de là où nous aurions voulu aller. Et entre eux il y a ces blancs, ces coupures qui donnent son rythme à la parole, sa force au poème. Eux aussi il faut longtemps les pratiquer pour les laisser nous ouvrir la voie. »
Jean Lavoué
« Finalement, ce qui constitue l’ossature de l’existence,
ce n’est ni la famille, ni la carrière, ni ce que d’autres diront ou penseront de vous,
mais quelques instants de cette nature,
soulevés par une lévitation plus sereine encore que celle de l’amour,
et que la vie nous distribue avec une parcimonie à la mesure de notre faible cœur. »
Nicolas Bouvier
« Ne montrer que l’instant. La pierre, l’homme, l’arc-en-ciel. Les mots qui se rassemblent ici. Qui me ramènent ici. C’est tout.
Cantonné dans l’urgence.
Avec peu.
Pelle. Pioche. »
Thierry Metz
« Je m’efforce maintenant de préserver, et c’est l’essentiel, l’étendue de ce que je ne saurais dire autrement, c’est-à-dire le silence sans lequel on n’entend rien, d’élaguer ce qui encombre, avec le risque qu’il ne reste plus grand chose à la fin. »
Jean Prod’hom
« Moi je choisis celui qui va et vient dans son échafaudage.
Il me plaît bien cet acrobate.
Il sait qu’à midi
Au sommet du chantier
L’être sa fille
Il s’expose à l’éblouissement, à la foudre.
Il sait que jour après jour
Le chantier révèle ses étages, ses terrasses, ses recoins.
Il apprend à se tenir là
Dans l’obstacle
A le ravitailler
A manier la pierre, le bois, la tuile.
Toujours en équilibre
Il progresse dans son vertige
Mais ne tombe pas.
Il avance par étapes
Creusant chaque arrêt
Comme on creuse une terre.
Je le vois
Là-haut
Où toute chose est contrariante
Manœuvrant sa brouette
Sur un chemin de planches
Et découvrant
A travers ce qu’il fait
Que tout converge et s’allège
Dans l’ici d’un homme.
Il a les gestes du sourcier maintenant
Et le soir
Après les enchaînements de lutte
Il redescend.
Une aile le ramène vers nous
L’homme sans clefs
Oui, Jonas
L’homme sans clefs. »
Thierry Metz