« On ne connaît jamais mieux une chose que par son manque. »
Christian Bobin
« On ne connaît jamais mieux une chose que par son manque. »
Christian Bobin
« Je ne conçois de littérature que métamorphosante. Une littérature qui soit tout le contraire d’une complaisance ombilicale, d’un désir niais d’être admiré, d’un prestige égocentré dans un jardin de fantasme. Par sa substance et ses signes ravissants, une littérature qui approfondisse notre présence au monde réel et établisse une atmosphère capable d’éveiller nos sens et de convier l’esprit à plus de sagacité. Toute vraie littérature passe par la personne et parvient à une espèce d’impersonnalité propre à chacun. Elle respire et inspire, elle professe la confiance, elle rétablit l’éternelle loi de réflexion et, devant notre doute et notre désarroi, nous fait comprendre que les moyens de métamorphose sont toujours en nous. »
Jean-Pierre Otte
« Reculer en soi tous les horizons
chercher le bleu dans le bleu…
mais aussi
la pensée dans la pensée
une clarté sous la lumière
plus encore :
trouver la joie où elle n’est pas
non pas la joie
qui tombe des yeux et de la bouche
celle-là plutôt
qui est comme sous les doigts
un galet longuement usé par la mer
galet qu’on a ramassé à genoux
et qui contient la mer
et puis :
ouvrir le pas
vers des beautés très hautes
et cependant très proches
sommets levés en soi
intérieurement aimés
à chaque instant possibles
car tout regard tout geste toute fraîcheur
en sont soudain la cause. »
Jean-Pierre Siméon
« Je pense à la chaleur que tisse la parole autour de son noyau,
le rêve qu’on appelle nous. »
Tristan Tzara
« L’œuvre est déjà là, dans le matériau ; l’artiste se borne à tailler dans la matière en excès jusqu’à ce que la vraie forme se révèle. »
Paul Auster
« Les visages sont écrits.
Les mains aussi, et les nuages, le pelage des tigres,
La cosse des haricots et le saut des thons à fleur d’eau,
C’est de l’écriture. »
Erri De Luca
« Je n’aime que les écritures dont l’auteur a été arraché au monde, pour quelque raison que ce soit : une douleur infinie, une joie sans cause ou simplement le sentiment d’être un étranger sur la terre. »
Christian Bobin
« Le temps n’est pas une distance en ligne droite, mais plutôt un labyrinthe,
et quand on s’appuie au mur, au bon endroit, on peut entendre des pas précipités et des voix,
on peut s’entendre passer, là, de l’autre côté. »
Tomas Tranströmer