« Poésie…
Discrète démarche où le cœur parle au cœur
et le mène à la terre reconnue,
dans la parole première. »
Edmond Jabès
« Poésie…
Discrète démarche où le cœur parle au cœur
et le mène à la terre reconnue,
dans la parole première. »
Edmond Jabès
« Patience dans l’azur !
Chaque atome de silence
Est la chance d’un fruit mûr. »
Paul Valéry
« Ici
pose ta vie
marche pieds nus
dans la rosée de la parole. »
Gilles Baudry
« Fidélité aux seuls moments,
aux seules choses qui descendent en nous assez bas,
qui se dérobent. »
Philippe Jaccottet
« Dimanche.
Un vent du sud, très chaud. La source qui alimente le puits est à sec. Mais l’ortie a trouvé de l’eau. On fera une soupe ce soir. Avec le cri du coq.
J’ai choisi de rester dans la colline, sous le feuillage d’un tilleul. Le soleil est si haut que l’arbre n’est plus qu’une ombre dans la mémoire de l’arbre. Mais d’ici on voit la route où passent quelques voitures.
Aucun nuage.
Des chardons, des ronces.
Plus loin : la Garonne.
On attend quelque chose qui ne viendra pas…
Pourtant le coq fait sa tournée comme un vieux shérif. Des hirondelles bavardent sur un fil de téléphone. Des bateaux se suivent et se croisent sur le canal. Et près du pont de pierre qui enjambe on voit l’âme des pécheurs qui sert d’appât et de signal. »
Thierry Metz
« Que de choses tu n’as pas même vues, dans cette rue où tu passes six fois le jour, dans ta chambre où tu vis tant d’heures par jour ! Regarde l’angle que fait cette arête de meuble avec le plan de la vitre. Il faut le reprendre au quelconque, au visible non vu, le sauver, lui donner ce que tu donnes par imitation, par insuffisance de ta sensibilité, au moindre paysage sublime, coucher de soleil, tempête marine, ou à quelque œuvre de musée. Ce sont là des regards tout faits. Mais donne à ce pauvre, à ce coin, à cette heure et chose insipides – et tu seras récompensé au centuple. »
Paul Valéry
« Tu viens me rejoindre. Tu es là. Je t’aime.
Tu m’apportes quelques beignets dans une assiette. Du cidre. On parle un peu. On a le temps aujourd’hui. Qui pourrait venir ? Et moi je n’ai pas à m’absenter…
Te regarder.
T’écouter.
C’est tout.
Tu vois : nous sommes pauvres.
Tu es l’aile que l’ange envie dans sa ténèbre. »
Thierry Metz
« Dans le poème
On peut lire
Le monde comme il apparaît
Au premier regard. »
Eugène Guillevic