« Le temps se plaît sur les limites du feuillage,
Comment peut-on vivre avec cette douceur, dans ce silence ?
Je passe désarmé dans ce monde sensible…
Et les taches de rouille sur les mains me parlent
D’une terre promise. »
Jean Malrieu
« Le temps se plaît sur les limites du feuillage,
Comment peut-on vivre avec cette douceur, dans ce silence ?
Je passe désarmé dans ce monde sensible…
Et les taches de rouille sur les mains me parlent
D’une terre promise. »
Jean Malrieu
« Je ne saurais vous dire la jouissance que me donne votre corps, lorsque vous me l’abandonnez. Aucun langage ne la recueille. Aucun regard ne la contient. Les amants éprouvent, sans le comprendre, ce qu’est l’éternité : elle se confond avec la faiblesse qui précipite leur souffle… La jouissance engendre un savoir sans équivalence sur l’éternel : elle révèle en nous bien trop d’enfance et de douceur pour que mourir, jamais, en vienne à bout. Les mains sur la peau touchent l’âme à vif. Elles en sentent la palpitation. Elles en devinent le trouble. »
Christian Bobin
« Le temps que met l’eau à couler de ta main
Le temps que met le coq à crier le soleil
Le temps que l’araignée dévore un peu la mouche
Le temps que la rafale arrache quelques tentes
Le temps de ramener près de moi tes genoux
Le temps pour nos regards de se dire d’amour
Imaginons ce qu’on fera de tout ce temps. »
Eugène Guillevic
« A l’oiseau de passage
je demande parfois
si plus loin la terre chante juste. »
Lucie Petit
« Laisse donc tes yeux devenir en liberté; laisse-les devenir des fenêtres. Les yeux peuvent être des fenêtres qui s’ouvrent sur l’ennui ou qui plongent dans cet infini. »
Juan Matus (par Carlos Castaneda)
« La poésie est la plus grande fidélité à la réalité. Elle est ce qu’il y a de plus réaliste dont j’ai eu l’expérience au cours de ma vie… Une pensée de Paul Klee n’a cessé de m’émouvoir, qui disait que le visible n’est qu’un aspect du réel. La poésie serait dès lors la tentative de révéler les aspects de la réalité qui sont invisibles. »
Roberto Juarroz (en entretien avec Guillermo Boido)
« Les mots rêvent de terres sauvages,
de mathématiques fraternelles.
Les mots sont tellement anciens
qu’ils ne savent de la mort que l’abandon
et l’espoir de revenir dans les souffles éperdus.
Ils absorbent la rosée de l’enfance. »
Jean-Marie Berthier
« On avance à petits pas.
Après tout, tu ne vas pas dire quel est ton malheur.
Le médecin te dit avec un visage neutre : Monsieur, c’est un traumatisme.
Je pense qu’il faut s’en foutre d’écrire de travers,
D’écrire avec des vers qui ne riment à rien, sinon à raconter
Le temps qui passe,
L’eau sous les ponts,
L’horloge qui tic-tac et qui s’en fout.
Je pense que je n’en ai rien à faire de ne rien faire,
De rester sous le soleil
Si ce n’est pas pour prendre le train de plage
Où le sable s’écoule entre mes doigts,
S’éparpille sur la main de l’enfant qui regarde cette pluie.
Les mots qui guérissent sont parfois maladroits,
Ils n’en ont rien à faire d’être grands,
Ils sont parfois si simples qu’ils sont grands parce qu’ils parlent aux anges.
Que tu écrives à l’encre,
Que tu écrives au Bic,
Un crayon qui griffonne est un oiseau en vol,
Il n’a pas besoin de s’expliquer
Ni d’expliquer pourquoi c’est lui qui parle de celui qui écrit à celui qui entend. »
Jacques Chevalier