« Le pain est dans la miette
le monde dans un mot
et toi dans cet éclat de miroir
qui nage dans ta poitrine. »
Jacques Goorma
« Le pain est dans la miette
le monde dans un mot
et toi dans cet éclat de miroir
qui nage dans ta poitrine. »
Jacques Goorma
« Au creux des mains pourtant
Plus légère que l’air
Cette poignée de cendres
Où le feu couve. »
Anne Perrier
« Tout se joue entre. »
Hannah Arendt
« Là où tu ne sais rien
ne veux rien
n’as rien, n’es rien.
Pour être en mesure
d’atteindre un jour cet extrême
il t’a fallu au préalable
basculer dans le gouffre
puis te hisser vers la lumière.
Sourd aux appels innombrables
Aveugle à ce qui d’ordinaire
enchaîne l’œil
Saisi par ce silence
où s’effondre le temps
tu laisses ta soif
te pousser sur le seuil. »
Charles Juliet
« L’écriture est la vue de l’invisible. »
Bernard Noël
« Il faut abriter chaque mot dans le poème,
le rossignol, le muid, l’amarante, l’aurore,
et encore le sang, la sanie, le blasphème,
les parcelles d’arc-en-ciel, au soir de la vie.
Seul ce qu’on appelle poésie peut tisser
Le fil qui relie le divers à l’unité. »
Jean Mambrino
« Cette idée de la chose comme interlocuteur, c’est rappeler l’expérience de l’enfant avant que peu à peu il ne se laisse convaincre, par l’exemple et l’enseignement des adultes, d’appréhender le monde comme une donnée passive, manipulable : comme du réifié et non du vivant. Je crois que la poésie n’est que la préservation de ce sentiment de présence de tout à tout qui faisait le bonheur, et aussi l’angoisse, des «journées enfantes». La mémoire de ce fait, aussi fondamental qu’oublié en ce siècle obsédé de technologie, épris de savoirs quantifiables, que nous ne vivons pas parmi des choses mais des êtres. Et comment préserver cette expérience première, cela peut être, c’est même à mon sens la principale façon, par la perception dans les vocables de leur son, leur son comme tel, qui est au delà, dans chacun, des signifiés par lesquels la pensée conceptualisée voile en eux la présence possible de ce qu’ils nomment. On écoute ce son lointain, écho dans le langage de l’unité de ce qui est, on l’accueille dans notre esprit par des rythmes qui montent du corps, c’est-à-dire du besoin, non de posséder, mais d’être ; et c’est alors ce chant par lequel le fait humain s’est établi sur la terre, dès les premiers pas du langage. Ce chant qui régénère les mots. »
Yves Bonnefoy
« Je serai ton dénicheur
Dans le silence suspendu
Nous nous étonnerons des merveilles trouvées
Et interrogerons le jamais vu…
Neuf à transformer les coursives en balcons
Et la petite cour en pays…
Je serai celui qui donne une histoire à l’épouvante
Un visage au monstre
Un poème au fait divers
Une passerelle aux contraires…
Je serai la mémoire du lieu qui n’existe pas
L’écrivain de ce qui ne s’écrit pas
Les gardes me demanderont mon nom
Je dirai je suis le matin
Et mon fils est le jour :
Je viens lui rendre visite. »
Nourredine Ben Bachir