« Les lieux de l’écriture ne sont jamais que des ailleurs. Compagnons de l’intranquillité, les mots prennent la mesure de la vie qui nous traverse. »
Hélène Dorion
« Les lieux de l’écriture ne sont jamais que des ailleurs. Compagnons de l’intranquillité, les mots prennent la mesure de la vie qui nous traverse. »
Hélène Dorion
« Sans le vide,
Rien n’est faisable.
Omniprésent,
Même dans le silence.
Tout, sans lui, serait de la nature du bouchon.
C’est lui
Qui permet que ça remue,
Qu’on remue tout ça.
C’est lui
Qui permet qu’on entre.
C’est lui qui fait
Qu’il y a un dedans.
C’est lui,
La danse. »
Eugène Guillevic
« Tu fais
La biographie du jour.
Et si, te tenant debout à la fenêtre,
Tu inventes qu’il pleut
D’une voix d’enfant tranquille,
C’est pour faire grande lessive
Dans tes yeux,
Mettre en page
Le soleil caché. »
Cédric Migard
« Nos os sont revêtus d’un nouveau corps amoureux. »
Arthur Rimbaud
« Les bouches d’ombre du soir…
Tout bas des phrases
Plus luisantes que des mûres…
L’eau qui chante encore au fond des sapinières…
La lune entre deux meules est une île ronde…
Et seul, le calme
Comme un vieil ouvrier
Remonte, à pas très lents, le halage. »
Jean-Marie de Ronchêne
« Vous pouvez passer tous les jours devant un arbre, sans le voir, tout en le voyant. Mais, un matin, vous regardez cet arbre et, le regardant, vous voyez autre chose que ce que vous avez toujours vu…
Finalement, qu’est-ce que la poésie ? C’est regarder et dire d’une certaine façon… Dès l’instant où nous nous mettons à voir autrement, les choses s’éclairent de l’intérieur et deviennent symboliques de toutes sortes d’aspects de la réalité dont nous n’avions pas conscience. C’est parce qu’il casse les formes ordinaires de la pensée et dérange, qu’un certain langage ouvre des portes sur l’invisible. »
Pierre Emmanuel
« Dans l’ombre ici offerte
L’homme de longue errance
Assoit enfin royaume. »
François Cheng
« Tu dessines les pavés bleus
Des pavés qui montent plus ils s’éloignent
On dirait une vague infiniment figée
Qui est montée au ciel
Et qui s’est arrêtée
Tu dessines les arbres
Les arbres longent les pavés
Ils s’effilent depuis le crayon vert qui brindille l’herbe
Jusqu’au crayon bleu que le ciel invente
Et plus les arbres sont loin plus ils sont serrés
On dirait des amoureux accrochés l’un à l’autre
Au-delà des pavés bleus qui servent d’horizon
Disparaissent les troncs
Plus loin encore
Disparaissent les feuillages
Tu lâches les crayons
Et le temps de caresser la feuille
Tu t’encours sur les pavés. »
Jacques Chevalier