Que le sang passe entre les mots

« Je pense que la poésie peut se faire aussi bien sur un champ de foire où parlent les hommes et les bêtes que sur la vieille banquette-mère d’un bistrot parisien.
Comment j’écris ? La plupart du temps presque sans ratures car je porte le poème longtemps en moi.
Je le couds à petits points, au fil des heures mais je puis aussi écrire très vite.
D’autres fois, je reprends le mot, le retourne, l’assemble et le couche avec d’autres mots comme on fait un nid.
Parfois, j’isole même un mot pour qu’il respire. Par exemple : le silence, le mot silence. Il me semble que ce mot doit rester seul en ligne, pour attendre, voir venir. Le mot neige aussi. Ou elle doit tomber et on l’attend. Il lui faut la place. Ou elle est là : elle règne.
De préférence, j’écris des vers très courts pour que le sang passe entre les mots, qu’il soit à l’aise, à son affaire, qu’il donne un coup de reins, une caresse, comme dans l’amour.
La poésie, il me semble, est d’abord une vocation particulière, puis un état, une façon d’être. »
Claude de Burine
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