Longtemps pour toucher au dire

« Mais tu sais, mon petit-fils, ce monde est fragile.
Le mot qu’il choisit pour exprimer fragile était gros des complexités d’un processus ininterrompu, et aussi de la force naturelle des toiles d’araignées tissées en travers des chemins sur les collines de sable, où le soleil du matin vient se prendre à chaque filament de toile. Il fallait longtemps pour toucher au dire de la fragilité et la complexité parce qu’aucun mot n’existe tout seul, et la raison du choix de chaque mot devait être portée par une histoire révélant pourquoi il fallait le dire de cette manière-là. C’était là la responsabilité que l’on héritait en tant qu’être humain, affirmait le vieux Ku’oosh, l’histoire qui sous-tend chaque mot devait être racontée afin qu’il n’y eût pas d’erreur possible quant à la signification de ce que l’on avait dit ; cela exigeait beaucoup de patience et d’amour. »

Leslie Marmon Silko

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