Portant le tout

« Réfléchissant à l’infini la lumière du dehors,
en des fragments mobiles de verres colorés,
des variations incessantes qui sont chaque fois
un achèvement alors que déjà s’amorce autre chose :

c’est de l’image première jamais vue
que découlent toutes les autres.
Ainsi que les nervures d’une de ses feuilles
résument l’arbre tout entier

et que cette pierre avec ses stries et ses angles brisés
schématise la carrière dont on vient de l’extraire,
nous-mêmes, sommes fragments du nombre,
parties du tout et portant le tout en nous-mêmes…

C’est le bleu d’octobre sous un ciel en bogue :
nous avons le cœur accordé à la crosse des fougères,
le corps confondu à la chair des fruits mûrs,
et l’esprit allié aux oiseaux de mer

qui s’envolent en emportant leurs ombres. »

Jean-Pierre Otte

Cet article a été publié dans Extraits, Poésie, Théorie. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s