Bien ailleurs

« Bien ailleurs il s’en va. Nul ne sait.
Dans l’ombre d’un toit autrefois il vécut, regarda le temps
prendre les jambes à son cou.
Les murs aujourd’hui effondrés
ne tiennent plus entre eux que par les anneaux du lierre.
Il est bien davantage dans l’eau qui tourbillonne
d’un ruisseau traversant la prairie
ou dans cet arbre dont le tronc penche
en attendant qu’il tombe dans très longtemps.
Ses demeures s’envolent, vagabondes.
Celles qu’il préfère sont des phrases
où revient une expression favorite,
la répétition qui cherche en vain l’amour.
Alors, derrière, on le distingue, très faiblement
reconnaissable, jusque dans l’intonation assourdie.
L’écho dure à travers une minute profonde.
Le courant sans arrêt rebondit
sur des voyelles, des consonnes,
dents, salive, langue et respir.
Le son se prolonge, la main rencontre.
Les années croisent les secondes. »

Jean-Luc Steinmetz

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