Harold et Maude

« Ils roulèrent jusqu’à une importante exploitation maraîchère, en bordure de mer, puis descendirent de voiture et s’agenouillèrent entre des rangées de choux à peine pommés.

– J’adore voir pousser tout ce que la terre nous offre, reprit Maude. Regardez ces petits brigands, Harold. La dernière fois que je suis venue ici, leurs petites têtes vertes sortaient tout juste de terre. Regardez-les, maintenant. Regardez comme leurs feuilles s’imbriquent.

– C’est ma foi vrai, fit Harold, fasciné. Elles sont repliées et fragiles comme les mains d’un nouveau-né…

– Êtes-vous déjà allé dans un établissement horticole ?

– Non.

– C’est un enchantement. Les fleurs sont tellement attachantes !

– Vraiment ?

– Oh, oui, dit Maude. Elles nous donnent tant d’elles-mêmes !

Un peu plus tard, comme ils visitaient l’exploitation, elle ajouta : Elles poussent, fleurissent, se fanent, meurent et se transforment en quelque chose d’autre. Regardez ces tournesols. Vous ne les trouvez pas magnifiques ? J’aimerais bien, dans une autre vie, être changée en soleil. »

Colin Higgins

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