« Nous ne sommes pas au monde pour mieux écrire, mais pour mieux réaliser ce que nous sommes. »
Jean Malrieu
« Nous ne sommes pas au monde pour mieux écrire, mais pour mieux réaliser ce que nous sommes. »
Jean Malrieu
« Le poème croît comme pousse un arbre. A partir d’une intuition première, il déploie ses images et découvre des sens cachés, des parentés secrètes. »
Luc Bérimont
« Le romancier n’est le porte-parole de personne et je vais pousser cette affirmation jusqu’à dire qu’il n’est même pas le porte-parole de ses propres idées. Quand Tolstoï a esquissé la première variante d’Anna Karénine, Anna était une femme très antipathique et sa fin tragique n’était que justifiée et méritée. La version définitive du roman est bien différente, mais je ne crois pas que Tolstoï ait changé entretemps ses idées morales, je dirais plutôt que, pendant l’écriture, il écoutait une autre voix que celle de sa conviction morale personnelle. Il écoutait ce que j’aimerais appeler la sagesse du roman. Tous les vrais romanciers sont à l’écoute de cette sagesse supra-personnelle, ce qui implique que les grands romans sont toujours un peu plus intelligents que leurs auteurs. Les romanciers qui sont plus intelligents que leurs œuvres devraient changer de métier. »
Milan Kundera
« J’écris un poème. Je crois savoir où je vais et, tout d’un coup, un mot que je n’attends pas va se présenter, va me venir à l’esprit. Et ce mot va changer complètement l’orientation du poème. Et je vais être devant un poème dont je suis effectivement l’auteur mais qui n’est pas du tout celui que j’ai voulu faire. Et dont je peux me demander pendant un instant si ce n’est pas lui qui est mon auteur, s’il n’a pas inventé ce que je suis quand je l’écris. C’est un mystère extraordinaire. »
Serge Wellens (en entretien avec Frédéric Duranteau)
« La vocation de la poésie n’est pas de nous éblouir par une idée surprenante, mais de faire qu’un instant de l’être devienne inoubliable. »
Milan Kundera
« En l’entendant lui annoncer que sa valise était à la consigne, il se dit qu’elle avait mis sa vie dans cette valise et qu’elle l’avait déposée à la gare avant de lui offrir. On ne badine pas avec les métaphores. L’amour peut naître d’une seule métaphore. »
Milan Kundera
« C’est de cette déroute, déroute intime, humaine – non pas d’un homme en particulier mais de l’être humain, que naît l’exigence d’écrire. On écrit pour regagner du terrain sur la déroute continuelle d’avoir longuement parlé. »
Maria Zambrano
« Les arbres font aux jardiniers
Des meetings au long des journées
Le monde bientôt va se ranger
Dans le parti des arbres fruitiers
Quelques millions d’horticulteurs
Ont déjà voté pour les fleurs
Et moi qui suis sentimental
Je m’endors entre deux pétales.
Coloquintes amours d’abricots
Prunes poires et vous poireaux
La révolution se prépare
Nous allons envahir les squares
Lierres vengeurs et corrosifs
Mettez la patte sur le granit
Montrez la vie triomphale
Avec ses cheveux en bataille.
Pour le suffrage universel
Les océans les mirabelles
Les étoiles du firmament
Ne remettront pas leur bulletin blanc
La marguerite échevelée
Morte déjà l’année passée
Avait mis sur son testament
La vie est mon seul amant.
Dans les journaux de la soirée
Généralement bien informés
On écrit que des baobabs
Ont défilé à Léningrad
Que les tulipes de Hollande
Émancipées ont pris la bande
Pour pousser dans des terrains vagues
Des terres incultes ; c’est pas croyable !
Sur les murs de toutes les cités
On écrit qu’elle va triompher
La Vie avec un grand V
Aux élections de nos étés
La plante humaine qui est la seule
A pouvoir s’arroser toute seule
A troqué pour des arrosoirs
Les noirs fusils du désespoir
A troqué pour des arrosoirs
Les noirs fusils du désespoir. »
Julos Beaucarne