« C’est toutes les promesses : la randonnée, la course en plaine, l’ambleur à l’étape infinie, et l’évasement sans borne, et l’envolée, la dispersion. »
Victor Segalen
« C’est toutes les promesses : la randonnée, la course en plaine, l’ambleur à l’étape infinie, et l’évasement sans borne, et l’envolée, la dispersion. »
Victor Segalen
« Parce qu’il faut monter et descendre les petites marches de l’enfance
Parce que la grande marmite a des ailes
Parce que le nuage a le goût de courge amère quand il est frit…
Parce que l’aile du papillon est un mot bloqué par la langue
Parce que ma langue peut s’enrouler autour du noyau d’un fruit…
Parce que j’ai continué à chanter quand la chanson était finie…
Parce que j’entends des grelots dans la neige…
Parce que les pelouses s’éclairent à l’heure du crépuscule
Pour une raison que je ne dévoilerai pas, même dans un poème
Parce que l’odeur du muguet se dilate comme un secret entendu pour la première fois
Parce que la saison a changé…
Parce que le gosier du rossignol, le chèvrefeuille, la verge d’or
Parce que tu ouvres la bouche pour m’embrasser tout en mangeant des cerises…
Parce que j’ai cassé la table de la poésie…
Parce que le silence, quand on le laisse, ne tombe pas…
Parce que le poème se déploie dans l’espace jusqu’à son effondrement lumineux…
Parce qu’une luciole peut enchanter la nuit. »
Denise Le Dantec
« Gardien d’on ne sait quoi
De nocturne et du sang
Contre l’humain.
Il s’est dit surtout
Je suis cet engrais
Qu’il faut pour après. »
Eugène Guillevic
« Les mots,
C’est pour savoir
Et ne plus rien savoir
Que la tendresse. »
Eugène Guillevic
« Il y a des jours où tu ne sais pas quoi écrire. Des jours comme ça, écrire : je ne sais pas, écris cela même que tu n’écrivais pas. Une fleur entre les pavés.
La feuille dans la pénombre, ravivée de ses cendres, ta plume écrit à la recherche d’une racine.
Puis des mots bougent, parfois des pans entiers, pour qu’ils abreuvent un peu plus. D’autres disparaissent pour ôter les pierres qui empêchent. »
Jacques Chevalier
« En entier dans la paume de ta main
Résumées dans le plus petit espace
L’ouverture, la caresse, l’écriture
La grande vie. »
Cédric Migard
« Parfois je n’ai plus de visage
Je vois partout des peuples de mirages. »
Tristan Cabral
« Il est en toi
Un lieu secret
Où tu es resté rebelle
À tout mot d’ordre,
Un pays
Où la forêt l’emporte. »
Jean Lavoué