« Elle ne souffre plus
de l’oppression d’exister,
elle n’est plus qu’un parfum
errant au fond de la nuit,
un peu de sève
dans un brin d’herbe. »
Renée Vivien
« Elle ne souffre plus
de l’oppression d’exister,
elle n’est plus qu’un parfum
errant au fond de la nuit,
un peu de sève
dans un brin d’herbe. »
Renée Vivien
« Sans amarres et sans peur
debout dans la distance
celle qui écrit au revers des courants
celle qui pense sous la cognée
à l’arbre qui perdure…
d’un poème tranchant comme l’or
soir des certitudes
quand l’âme se délivre
de sa robe charnelle
et que liens se délient
comme fleurs sous l’orage. »
Jeanine Baude
« Je me blottissais dans l’âtre, assis sur le banc de bois…
Avec mon frère Étienne, de deux ans mon aîné, on écoutait les bruits du dehors et j’essayais de reconstituer la vie terrible de tout cet univers étrange et invisible qui m’entourait. »
René Le Corre
« Une fois, une seule fois,
l’eau dans mes paumes, l’ombre du figuier
sur ma maison.
Une fois, une seule fois,
l’eau sur ma langue, l’éclat du soleil
entre mes doigts.
J’aurai vécu, quoi qu’il advienne,
ce moment d’air et de lumière,
cette plénitude de soif. »
Liliane Wouters
« Contrairement à une rumeur largement répandue qui la rendrait dépendante de nos regards pour exister, la poésie n’a besoin de personne pour être. Sa permanence en amont et aval de toute chose, précède, accompagne, dépasse tout ce que l’on peut penser ou dire d’elle. Préexistante à la pensée et à l’acte, elle est un état. »
Ile Eniger
« On ne cherche plus, on est là,
on écoute le vent,
son bruit de mer dans les feuilles
ou dans l’enfance.
Le corps va rentrer dans la douceur
de ce qui trouve un nom. »
Jacques Ancet
« C’est celui qui croit le réel saisissable qui est le plus éloigné de le saisir. »
Philippe Jaccottet
« Il faut que tu voies les choses telles qu’elles sont.
Ouvre les yeux, rends-toi enfin compte
Que la réalité n’est que désolation…
Le monde, ai-je répondu, n’est pas, ne sera jamais ça,
Si, pour l’emplir et le crayonner, un cœur est là. »
Richard Wilbur