« Toutes les choses essentielles ne peuvent être abordées qu’avec des détours, ou obliquement, presque à la dérobée. Elles-mêmes, d’une certaine façon, se dérobent toujours. »
Philippe Jaccottet
« Toutes les choses essentielles ne peuvent être abordées qu’avec des détours, ou obliquement, presque à la dérobée. Elles-mêmes, d’une certaine façon, se dérobent toujours. »
Philippe Jaccottet
« L’acte d’écriture est ainsi, tout à la fois, un exercice et une récompense. Un exercice, car il exige à chaque fois que l’on se retrouve en cet état de transparence. Et le travail que l’on opère sur les mots, tour à tour les laissant faire, puis les reprenant, les modifiant, de sorte qu’à la fin leur légèreté et leur limpidité soient aussi totales que possible, ce travail n’est pas seulement cérébral : il agit sur l’âme, en quelque sorte, il l’aide à s’alléger et à se purifier davantage encore, de sorte que la vie et la poésie, tour à tour, s’efforcent en nous vers une amélioration de nous-mêmes, et une clarté toujours plus grande. »
Philippe Jaccottet
« Pourquoi j’aime écrire des poèmes
Parce que pour qu’un poème surgisse il faut avoir fait le silence et le lisse en soi, et que déjà cela est bon.
Parce qu’on ne sait jamais ce qui va surgir, que le poème est surprise ou imprévu, charme (ou peur) de l’inattendu.
Parce que le poème ainsi né est un révélateur, c’est moi au-delà de moi. »
Claude Roy
« Pour s’en détacher,
nous aurons ensemencé cette terre de mots ;
l’orage les emporte,
l’image tronquée du ciel les colore parfois –
on dirait de grandes jarres éclatées
sous la poussée violente du désir
d’accéder à la lumière :
Plus loin que la houle des oliviers
bien plus loin que le gel
comme un murmure incontrôlable
ce front naissant
de l’aube porteuse d’évidences. »
Pierre-Albert Jourdan
« On dirait que nous sommes en ce monde des ramasseurs de vent. Il nous faut longtemps guetter nos sentiments, recueillir ce que nous avons de meilleur et, le long des jours et des nuits, réunir la matière précieuse. »
Joë Bousquet
« Le monde revient chercher ses couleurs
ses voix fanées au fond de tes poches
et tu les défroisses l’une après l’autre
le rose des labours un matin d’avril
le jaune du colza couvant sous la brume
la langue intraduisible de l’horizon
comme un prestidigitateur lui-même surpris
par ses foulards, ses cartes, ses colombes. »
Jean-Pierre Lemaire
« Les demeures étroites
Ont lieu d’être sous le soleil…
Les mots clairs grandissent dans leurs cercles,
Soutiennent l’armature simple des journées. »
Claude Esteban
« Écrire c’est disperser des ombres
S’en aller comme on peut
Par une porte dessinée dans l’air
Pour s’habiller du corps d’une liberté
S’écoulant comme une rivière
dans l’infini du monde. »
Pierre Schroven