« Tu écrivais comme on se parle au plus secret de soi. »
Lionel Ray
« Tu écrivais comme on se parle au plus secret de soi. »
Lionel Ray
« Pénible d’éprouver
Qu’on n’a presque rien révélé
De ce qu’on porte
Et qui vient de ce monde
Inentamé, si lourd,
Toujours plein de ces choses
Qui serinent
Qu’on les délivre. »
Eugène Guillevic
« Ici les phrases doivent se dépouiller,
apprendre à vadrouiller, à nager,
à ne pas perdre la mémoire nichée
dans leurs corps, noyau secret.
Le bleu de l’ancolie sera-t-il un violet
lorsqu’il rejoindra l’autre côté
et la rouge bergamote une poire, d’une douceur de cannelle ?
Manquera-t-il une nageoire à ma tanche
dans la lumière de l’autre langue ? »
Maja Haderlap
« Parler haut
N’a plus de sens
Et le silence
Est un oiseau perdu…
Peut-être qu’il faut
Donner aux mots
Une nouvelle naissance. »
Anne Perrier
« Regarde : les lieux dorment
la fête est sous la neige.
Terre d’ici et de personne
avec oiseaux cachés. »
Lionel Ray
« De quoi le temps te change-t-il ?
Enfant, tu restais muet devant le canevas d’une araignée, la neige clandestine venue de nuit à pas de loup, de feuilles mortes.
Aujourd’hui en tête à tête avec ta fenêtre tu écris des mots dont tu fais provision de clarté.
Ton cœur ne cesse de battre semelle au seuil de chaque jour.
La rosée te prête ses yeux pour lire dans le ciel sans ride et dans les mains loyales de la terre ce qu’a d’inouï cette humble vie. »
Gilles Baudry
« Les oiseaux dans les graines, les tamias sur les chaises, le fleuve déroulé aux crosses des fougères, les longues routes longues qui ne mesurent rien, et les lilas ouverts comme huiles précieuses, je parle d’un pays qui m’a parlé de moi quand il parlait de lui…
Et la force du bois s’élève pour jaillir dans le feu de mes mains. »
Ile Eniger
« La poésie est-elle la chanson d’un autre monde ? »
René Le Corre