« Poésie et mystique appellent à aller au bout de la nuit intérieure
Mais c’est pour trouver l’aube et l’Autre. »
Alain Suied
« Poésie et mystique appellent à aller au bout de la nuit intérieure
Mais c’est pour trouver l’aube et l’Autre. »
Alain Suied
« La relation relie, relaie, relate. Elle ne rapporte pas ceci à cela, mais le tout au tout. »
Édouard Glissant
« Dans l’autre pays de mon corps
A l’ombre du sang et du verbe
Franchir le col des monts immaculés
Périlleux sous leur poids de neige
Mais qui fraternisent avec l’azur sans le troubler
Ne connaissent que la prosodie du silence.
Faire quelques pas
Toujours quelques pas de plus
Dans ce pays aux chemins effacés. »
Cédric Migard
« Je suis le livre errant
Le livre sans auteur
J’écris avec l’aide du vent qui tourne mes pages
Avec l’aide du sang pourpre des feuilles des arbres
Je suis l’errance
L’errance qui sait tout
En fait, je n’écris pas
Je me promène
Mes deux cœurs en chaque main
Comme des valises spirituelles
Les pays sont devenus si proches
Qu’il est plus difficile d’enjamber une flaque d’eau
Que de voyager jusqu’aux Indes. »
Jean-Marie Kerwich
« L’escargot se déplace
dans une continue
création de son corps,
s’invente et se rejoint.
Il glisse avec aisance
dans le tunnel sans fin
de son identité.
On le dit peu rapide,
sans voir que le précède
son image future,
et qu’il avait en lui
la route qu’il emprunte. »
Axel Toursky
« La poésie se fait dans un lit comme l’amour
Ses draps défaits sont l’aurore des choses
La poésie se fait dans les bois
Elle a l’espace qu’il lui faut
Pas celui-ci mais l’autre que conditionnent
L’œil du milan
La rosée sur une prêle
Le souvenir d’une bouteille de Traminer
Embuée sur un plateau d’argent
Une haute verge de tourmaline sur la mer
Et la route de l’aventure mentale
Qui monte à pic…
Les bancs de poissons, les haies de mésanges
Les rails à l’entrée d’une grande gare
Les reflets des deux rives
Les sillons dans le pain
Les bulles du ruisseau
Les jours du calendrier
Le millepertuis…
Le sens du rayon de soleil
La lueur bleue qui relie les coups de hache du bûcheron
Le fil du cerf-volant en forme de cœur ou de nasse
Le battement en mesure de la queue des castors
La diligence de l’éclair
Le jet des dragées du haut des vieilles marches
L’avalanche…
Les figures de danse exécutées en transparence au-dessus des mares
La délimitation contre un mur d’un corps de femme au lancer de poignards
Les volutes claires de la fumée
Les boucles de tes cheveux
La courbe de l’éponge des Philippines
Les lacets du serpent corail
L’entrée du lierre dans les ruines.
Elle a tout le temps devant elle
L’étreinte poétique comme l’étreinte de chair
Tant qu’elle dure
Défend toute échappée sur la misère du monde. »
André Breton
« Longtemps, l’homme s’est servi du langage pour tenter d’expliciter le mystère de l’univers ; voilà qu’il découvre que dans son langage même réside son propre mystère. »
François Cheng (en entretien avec Françoise Siri)
« Là même
où tes yeux
recueillent la lumière. »
Jules Supervielle