Couches et sous-couches de présence et d'absence

« Le fond d’un tableau reflète pour moi l’immensité du vide, l’espace de tous les possibles. Notre maison-mère, la matrice d’où peut naître toutes les substances du monde. J’ai appris à vivre en lui, je l’apprivoise… J’ai besoin de matérialiser sa chair en couches et sous-couches de présence et d’absence qui fluctuent. Sorte de fluide de mouvances incessantes comme s’il véhiculait des puissances inconnues en métamorphoses perpétuelles.
Je peins mon vide de tableau comme une parcelle d’univers prête à recevoir. Et je me laisse emporter à observer sa profondeur comme si c’était ma véritable demeure. Je me perds dans son illimité, je plonge dans ses tourbillons, ses remous, ses secousses de vents sans savoir où je vais. J’ignore ce que je contemple, je ne vois pas. Je suis dans le non-visible, et pourtant je laisse advenir au bout du pinceau ce qui cherche à naître. »

Fabienne Verdier

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