Jusqu’à ton image sur terre

« J’avance lentement…
Voici l’heure qui remue,
la nuit sonne;
ce sont les sabots de ceux qui s’en vont en mer
marteler les vagues du poids de leur corps,
de leurs poings, de toute leur croyance en la vie,
secouer les tiroirs sans fond.
Leur vérité n’a pas de prix,
elle est le rire sans paresse,
elle conduit l’audace du monde,
elle fait monter à la lumière
les monceaux de lumière
arrachés aux louvoyants baisers du goémon,
elle est le chant armé aux franges de lumière.
Il n’y a qu’un homme pour entendre
au plus fort de la bagarre
le tendre cri du nourrisson,
l’avenir crier plus fort.
Et les lames fulgurantes
amoncellent les clartés montantes.
Entourée de mille langues promises,
joie j’ai pu te deviner
réinventer ton éblouissement
jusqu’à ton image sur terre. »

Tristan Tzara

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