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« Sur le plateau coiffant cette montagne, je me remémorai ces trois événements comme s’ils venaient de se produire à l’instant. J’exprimai haut et fort mes remerciements à ces trois personnes qui, par l’intensité de mon évocation, me paraissaient être là, devant moi. Mais une fois que ce fut fini, ma solitude fut indescriptible. Je pleurai à chaudes larmes.
Don Juan m’expliqua très patiemment que la solitude ne peut exister pour un guerrier. Les guerriers-voyageurs, me dit-il, ont un être sur lequel ils peuvent compter, un être sur lequel ils peuvent concentrer tout leur amour, toute leur attention : notre terre si merveilleuse, notre mère, notre matrice, le fondement de tout ce que nous sommes et de tout ce que nous faisons – l’être auquel nous retournons tous et l’être qui permet aux guerriers-voyageurs de partir pour leur voyage définitif. »

Carlos Castaneda

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