« Le cœur est une chambre étouffante.
L’aérer,
Changer les draps du songe,
Allumer quelques fleurs
– C’est le travail de l’écriture. »
Christian Bobin
« Le cœur est une chambre étouffante.
L’aérer,
Changer les draps du songe,
Allumer quelques fleurs
– C’est le travail de l’écriture. »
Christian Bobin
« Un enfant jouait dehors
Depuis le pré-cambrien,
Traçait une rivière
Dans la chair du monde
Avec ses bâtons d’écriture,
Aimait aussi bien que le pain
Les pierres retournées de la terre
Et les cheveux des arbres ensommeillés
Caressés par le vent maternel
Pour qu’ils glissent plus clairs et plus nus
Dans la saison de la nuit.
Un enfant jouait dehors
Depuis le pré-cambrien
Comme dans une chambre
Aux murs couchés par l’espace,
N’est pas revenu,
N’a pas répondu à l’appel pour le repas du soir. »
Cédric Migard
« Samedi.
J’ai fait quelques pas autour de la maison.
Je n’avais pas besoin d’aller loin pour me perdre.
Inutile.
Comment s’éloigner dans un univers où l’être ne meurt pas ?
Je voulais marcher, c’est tout.
Sortir un instant de ces besognes qui n’écoutent pas ce que nous sommes.
Marcher, dériver.
Lentement, j’ai suivi le soleil.
Lentement.
Qu’importe ce que j’ai trouvé. Du vent et des ombres.
Je passais. »
Thierry Metz
« J’ai senti devant moi
à travers la distance instantanée
que devait franchir mon œil
pour se poser sur les choses
j’ai senti frissonner la trace errante
d’un arrière-monde
inscrite en filigrane
dans l’étoffe du monde. »
Jean-Pierre Chambon
« Pour nous l’enfance
n’est jamais loin
il suffit de dénouer
patiemment l’écheveau des rues
de faire un nœud
aux mouchoirs à carreaux
des champs
de s’accouder à l’océan
à ses atermoiements
à son insoumission fertile
pour retrouver l’odeur
de la réminiscence. »
Gilles Baudry
« Parce qu’il y a terme
À ces jours devant toi,
Que d’aller vers ce terme
Fait par-dessous tes jours
Un creux qui les éclaire,
Tu as le goût
De ces rapports qui sont de joie
Avec les murs et le rosier. »
Eugène Guillevic
« Même là où règne la fadeur, il y a quelque chose à découvrir, il suffit de regarder longtemps, avec patience, avec attention et rêverie. »
Sylvie Germain
« La poésie est la perpétuelle insurrection de la conscience contre l’oubli que l’homme fait de lui-même dans sa marche hâtive. C’est bien de cet oubli que le poème nous sauve quand il nous rappelle à l’ordre du sensible. »
Jean-Pierre Siméon