« Un jour, au front, je me souviens
l’un d’eux fit signe de la main
je visai calmement sa tête
j’ai tué, peut-être, un poète. »
Jean-Marie de Ronchêne
« Un jour, au front, je me souviens
l’un d’eux fit signe de la main
je visai calmement sa tête
j’ai tué, peut-être, un poète. »
Jean-Marie de Ronchêne
« La terre geint dans une couleur de rouille
le soleil crachote des feux fragiles et bleus
où le mot se trouve-t-il vraiment en sécurité ?
où donc rencontre-t-il l’accueil impartial
afin d’être testé, rénové puis emballé pour la surface ? »
Antjie Krog
« Écrire, c’est essayer de parvenir, comme disait Henri Michaux, à la phrase sans mots, c’est-à-dire au-delà des mots. »
Juliette Binoche
« Il en va sans doute de l’écriture comme de la vie : nous passons notre temps dans une danse de derviche tourneur, à danser autour d’un point indicible et invisible.
L’amour c’est quand une vérité arrive. Le reste du temps, c’est une comédie à laquelle nous participons tous. Ce qui arrête la comédie, c’est soit la mort, soit quelque chose de plus fort encore, doté de beauté et de grâce…
Pour moi, la poésie est l’état le plus haut du vivant. »
Christian Bobin (en entretien avec Zeina Trad)
« Tu tends la main, tu te penches :
l’allée, le parterre aux fleurs.
Tu voudrais voir les cailloux de près,
les couleurs, entrer
comme une fourche dans les roses. »
Thierry Metz
« Il m’est toujours apparu que la vie est bien plus grande que celle que nous vivons. Elle n’est pas ailleurs. Par instant, nous arrivons à mettre nos yeux en face des yeux de la vie. C’est comme un enfant que la mère soulève et porte devant son visage : il y a des moments où nos yeux sont plantés dans les yeux solaires et terribles de la vie. »
Christian Bobin (en entretien avec Zeina Trad)
« Ce matin, j’ai traversé un pré et je me suis arrêté sous un chêne. La nature était devenue une phrase parfaite, un morceau d’un poème très pur, extrêmement simple et qui m’a fait tout oublier. Les fragments de cette phrase étaient composés de l’arbre, des mouvements de ses feuilles, balancées très élégamment, sans fureur, par une brise légère. Il y avait aussi une lumière qui lançait ses javelots dans l’herbe, et une ombre très douce dans laquelle je me tenais. Un sentiment m’est entré dans le cœur : il n’y a rien d’autre à faire dans cette vie que d’y être parfaitement présent. Quelque chose d’adorable essaie de nous parler à chaque instant. Cette expérience a duré cinq secondes et elle était infinie. Je me rappelle d’avoir souri de ma misère d’homme, de n’être que de celui que je suis. »
Christian Bobin (en entretien avec Zeina Trad)
« J’entre dans ce domaine obscur
où la lumière vous suit au lieu de vous précéder,
où l’on ne connaît que parce que l’on a d’abord éprouvé
et où on apprend à aimer
que parce qu’on a accepté de l’être. »
Jean Grenier