A planter

« Dans la nuit le fruit

Le doux fruit qui luit

Qui reluit de pluie

Dans le fruit la nuit

La nuit douce où gît

Un fruit plus petit

Dans la nuit la vie

Douce vie qui dit

Qui redit

Je suis. »

Benoît Vermander

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L’épiphanie du monde

« Être poète
C’est tenter de dire chaque jour
L’épiphanie du monde. »

Hélène Cadou

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Dépossession de soi

« Un homme à qui suffisent quelques arbres, un oiseau qui passe, la couleur des choses, l’habitude d’un chemin, pour éprouver du contentement à exister, est un homme privilégié, car il sait d’expérience que le bonheur n’est pas dans la possession des choses, ni dans la domination des êtres, mais dans la dépossession de soi. Et c’est pour cela qu’il éprouve une dilatation du cœur et de l’âme. »

Jean Sulivan

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C’est le repos éclairé

« C’est le repos éclairé, ni fièvre ni langueur, sur le lit ou sur le pré.
C’est l’ami ni ardent ni faible. L’ami.
C’est l’aimée ni tourmentante ni tourmentée. L’aimée.
L’air et le monde point cherchés. La vie. »

Arthur Rimbaud

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L’herbe, l’eau, des nuages

« Je pense au rêve que je viens de faire. Le rêve d’un enfant allongé sur le dos, sa bicyclette près de lui, couché sur le talus, au bord d’une route communale. De l’autre côté se trouve une résurgence, une eau très claire, bruissante, peuplée d’épinoches. Derrière lui : un champ de betteraves. Et au-dessus, hauts, très hauts, des mirages qui s’étirent, rayés d’hirondelles et de martinets.
L’herbe.
L’eau.
Des nuages.
Pas plus.

C’est resté comme je l’ai vu. Intact et beau. Mais ne suis-je pas toujours dans l’herbe, à écouter l’eau en regard des nuages ? Et quoi que je fasse ou écrive, n’y a-t-il pas ou n’y a-t-il plus que cet instant ? »

Thierry Metz

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Cœur régulier

« Cœur régulier

De l’Est oiseleur lâchant vers l’Ouest buvard ses fougères de brume

Et son avion cuisant charmeur de sève

Cœur régulier

De la mer qui roule ses crêpes

Jusqu’au rivage pour le goûter des enfants

Affamés de confiture salée et de plages de temps libre

Cœur régulier

D’une vitre voilée par les traces de pluies anciennes

Mais pénétrée encore de mondes et de soleil

Cœur régulier

Du goutte à goutte du robinet

Que toujours on ferme mal

Comme un fait exprès

Comme on oublie d’éteindre l’ampoule

Au-dessus de la porte d’entrée

Ou la veilleuse dans sa chambre de quatre ans qui n’existe plus

Cœur régulier

De la buse qui plane

Au-dessus de nos clairières

Pour nous donner des ailes

Et qu’ainsi une parole venue de plus bas que le visible monte par nous

Cœur régulier

De l’heure tardive, éternelle

Où vient ce que l’on n’attendait plus

Et qu’alors tout fut laissé

En même temps que reçu

Par un accord secret et déjà effacé

Cœur régulier. »

Cédric Migard

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La vie elle-même

« Je crois que la vie elle-même est l’unique secret.

L’obscurité profonde est belle et douce comme du velours…

Et la vie chante aussi dans le sable

Qui crisse sous les pas lents et lourds de la sentinelle,

Quand on sait l’entendre. »

Rosa Luxemburg

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Quelques prisonniers

« Nous étions quelques prisonniers

autour du feu de nos enfances. »

Jean-Marie de Ronchêne

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