« Sur l’étang du château
reste une île
où se tiennent les vieux cygnes ;
elle n’est utile qu’à leur repos…
la pâquerette y sort de terre
et la lenteur s’y résume. »
Jean Follain
« Sur l’étang du château
reste une île
où se tiennent les vieux cygnes ;
elle n’est utile qu’à leur repos…
la pâquerette y sort de terre
et la lenteur s’y résume. »
Jean Follain
« Quand j’écoute et n’entends pas,
quand je regarde sans voir,
quand je marche sans un pas, quand mon soleil devient noir,
je disparais sans mourir,
je vis sans mouvement.
Nul espoir nul souvenir
dans les forges du moment.
Fondre ? Soit, mais pour renaître !
Finir pour recommencer !
Le monde est à reconnaître
sur les chemins effacés. »
Jean Tardieu
« L’image est la force obscure, mystérieuse
qui déclenche et lance la marée du poème.
Mais il y a d’abord la mer et son tonnage énorme. »
Michel Manoll
« Un nuage m’a visité.
Et m’a laissé en s’en allant
son contour dans le vent.
Une ombre m’a visité.
Et m’a laissé en s’en allant
le poids d’un autre corps.
Une bouffée d’images m’a visité.
Et m’a laissé en s’en allant
l’irréligion du rêve.
Une absence m’a visité.
Et m’a laissé en s’en allant
mon image dans le temps. »
Roberto Juarroz
« Tu ne peux te libérer du monde
en prêtant l’oreille
Tu ne peux te libérer de toi-même
par beaucoup de paroles
Tu ne peux te libérer de tous les deux,
Du monde et de toi-même,
sauf par le silence. »
Djalâl ad-Dîn Muḥammad Rûmî
« Laissez-moi franchir pas à pas
Le chemin mouvant qui va l’amble
De son aurore à son couchant
Je porte en moi mes souvenirs
Comme un carquois vide de flèches
Comme un bouquet qui se dessèche.
Ne me dites pas : cicatrices
Mais le bourgeon qui va s’ouvrir
Et les oiseaux de l’avenir. »
Michel Manoll
« Cherche dans le flux de l’aube qui s’avance
L’impalpable pollen des lointaines années. »
Michel Manoll
« Je n’éprouve aucune fatigue. La légèreté de ma démarche me ravit. J’ai peine à croire que je suis resté si longtemps enclaustré dans ma chambre. Je sens, comme je ne me souviens pas de l’avoir jamais sentie, la densité sensuelle des choses. Je me glisse parmi les parfums de la nuit comme dans un espace encombré de choses insolites et disparates et qui traînent à longueur de campagne. Les arbres en fleurs s’enveloppent dans leur écharpe d’odeurs, toutes franges rayonnant alentour. Le monde est un tissu de pistes olfactives qui s’entrecroisent. Je m’y oriente comme un étranger dans une ville nouvelle. Je m’attache à l’exhalaison des chèvrefeuilles comme on se fixe à l’axe d’une métropole – à la senteur des acacias, à celle de la belladonne. Je sais qu’à les suivre je vais vers toujours plus de douceur et d’humidité. Mon désir a goût d’eau verte. »
Claude Louis-Combet